Interview de Mont Joseph

Mont Joseph

Mont Joseph publie ce vendredi un premier EP fichtrement attachant intitulé « Paradis ». Séduits par sa poésie saturnienne et l’esthétique sonore synthétique de son projet, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur son parcours et ses projets. Rencontre avec un artiste qui sublime, en cinq chansons et avec beaucoup de sensibilité, le spleen de ses amours défuntes et célèbre celles à venir.

Avant de parler de ton premier EP « Paradis », j’aimerais, si tu le veux bien que nous remontions un instant dans le temps et parlions de ta petite enfance. Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?

(sourire) On avait beaucoup de vinyles à la maison… Mais les tout premiers disques que j’ai écoutés et dont je me souviens sont « Maya l’abeille » et « Pierre et le loup ». Quand je repense au passé, c’est plutôt l’époque où j’ai eu ma propre chambre à la maison, qui était juste à côté de celle de mon frère, dont je me souviens. Il écoutait Nirvana très fort et ça me réveillait pendant mes siestes. Ce sont là mes premiers vrais souvenirs musicaux. Ce n’est que plus tard, au début de mon adolescence,  que je suis retombé sur les vinyles que mes parents ont dû me faire écouter quand j’étais gamin.

Viens-tu d’une famille de musiciens ou d’artistes ?

Tout le monde a une petite fibre artistique. Mon père était chanteur dans un chœur. Il y reprenait les grands classiques comme « Carmina Burana », il a chanté aussi beaucoup d’opérettes d’Offenbach.

Quelles sont par la suite tes premières claques musicales ? Quel est le premier disque que tu as acheté ?

Le premier disque que j’ai acheté avec mon propre argent, c’était le deuxième album de Britney Spears ! (rires) C’était à moi, c’était ma propre musique, ce n’était pas un CD que j’avais pu récupérer chez mon frère, ce n’était pas une compilation où 90% des titres étaient pourris mais où il y avait tout de même quelques titres assez dingues de Laurent Garnier… Là, je m’étais véritablement fait plaisir. C’était « ma » musique !

Mont Joseph, Paradis © Charly Gosp

Raconte-moi un peu ton parcours d’artiste. Quand as-tu commencé à écrire des textes ? As-tu appris à jouer d’un instrument ?…

Je suis resté un garçon assez naïf jusqu’à très tard… pas puéril, mais enfantin dans ma manière d’écrire et d’aborder la création artistique. Je n’ai commencé à prendre ceci au sérieux que très récemment, en fait. J’écris depuis très longtemps, mais écrire spécifiquement pour de la musique, ça ne fait que trois ans que je le fais véritablement. De mon adolescence jusqu’il y a encore quelques années, j’écrivais plutôt en dilettante, à la manière d’un journal. J’écrivais mais ne construisais pas véritablement. Il n’y avait pas de forme. Alors que là, je suis dans une dynamique de travail créative. Mon rapport à la création a pas mal changé ces dernières années…

Tu as réalisé un film en 2017 (« Ça parle d’amour ») puis on t’a découvert dans le groupe Delamour. Depuis quand mûris-tu ton projet solo ?

Depuis que j’ai une vingtaine d’années, j’ai envie de faire de la musique, mais je ne savais pas trop comment approcher ça. Quand on a monté le projet « Delamour », j’aimais beaucoup ce qu’on faisait. Je pense que ça aurait mérité d’être mieux élaboré. On avait beaucoup de choses à travailler. Mais ça ne remplissait pas l’aspect intime et personnel que je souhaitais. Il fallait que je trouve cet aspect dans la musique. Et c’est avec ce projet solo que cet aspect s’est imposé à moi. Nous devions être en décembre 2018/janvier 2019. Il y a un an et demi, quelque chose comme ça. Là, mon besoin de me focaliser sur un projet intime a trouvé son chemin. J’ai enfin commencé à créer ma propre musique.

Ces cinq chansons qui paraissent sur « Paradis » sont des chansons que tu as écrites récemment ?

Toutes ces chansons sont assez récentes, oui. Pour la petite histoire, ces cinq titres qui paraissent sur le EP sont tirés d’un album démo que j’avais fait avec Gauthier, à la suite d’une fin de relation, fin 2018. Il y a plein d’autres chansons que j’avais écrites pour d’autres projets, dont Delamour, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de les mettre en avant.

Ce premier album démo avait-il déjà cette esthétique musicale particulière qu’on retrouve sur le EP, ce mélange de SynthPop et de chanson française ? Et si non, avais-tu ce son particulier en tête quand il a été question de produire cet EP ?

Non, pas du tout. J’étais pris dans un flow d’émotions diverses et je ne savais pas trop avec quelle musique je pourrais exprimer au mieux ce flow-là. Je me suis vraiment laissé porter par le travail que nous avions fait avec Gauthier, et par les textes. Ce sont les textes finalement qui ont mis en forme la musique. Aujourd’hui, d’ailleurs, je travaille sur d’autres chansons, et l’esthétique est toujours en recherche. Ce qu’on retrouve dans cet EP, c’est une première proposition qui n’est pas définitive. Il y a tellement de choses à faire avec le son et tellement d’esthétiques musicales à explorer ! Là, cette esthétique musicale convient bien aux titres qui avaient été écrits. Mais je ne m’arrête pas à ça. Comme je te le disais, ce sont véritablement les mots qui dictent la musique et les ambiances.

Un mot sur ceux avec qui tu as avancé sur ce projet.

Il y a donc Gauthier Quatelas de Pointe Noire qui est actuellement dans Lisbone [« Voyage Voyage », NDLR] qui commence à bien fonctionner. Et Pierre-Alain Grégoire [Agape] qui a sorti quelques titres l’année dernière.

Je n’ai pas forcément envie de rentrer dans l’explication de texte, exercice somme toute assez scolaire, mais j’aimerais maintenant que nous évoquions un par un les cinq titres qui composent cet EP et que pour chacun d’eux, tu me racontes une petite anecdote ou le mood dans lequel il a été créé, les images ou les parfums qu’il te suggère, etc… Commençons par celui qui ouvre le disque, « Paradis ».

« Paradis »… C’est la plus vieille des chansons. Je l’ai écrite un été dans une maison à la campagne. Il faisait très chaud. Cette chanson a été un heureux hasard, elle est arrivée très simplement avec deux ou trois accords. Cette chanson, je ne l’ai pas écrite pour la même personne que les autres. Je l’ai écrite comme une invitation à l’amour et à une relation, mais ce n’était pas dirigé vers quelqu’un. Elle n’avait finalement pas vocation à être utilisée dans cet EP, mais comme elle se mariait bien avec les autres, j’en ai modifié quelques mots pour que l’ensemble soit cohérent.

C’est assez amusant parce que cette chanson qui ne devait pas figurer sur le EP, au final, lui donne son nom…

(sourire) « Paradis » est une introduction, c’est une base pour comprendre le sens du EP, qui évoque évidemment le deuil amoureux. Je pense que cette chanson a une ambivalence intéressante, elle évoque le deuil amoureux autant que le début de l’amour.

Mont Joseph © Charly Gosp

En deuxième piste, « L’hiver arrive »…

C’est une chanson qui mériterait d’être chantée avec beaucoup de colère. C’est une chanson enragée. La travailler dans une veine beaucoup plus rock lui aurait permis d’être plus explosive. Mais au final, nous sommes restés dans la même direction artistique que les quatre autres, et ce n’est pas un mal. Là aussi, ça montre une autre facette de cette chanson.

« L’hiver arrive » est une phrase qui va parler aux fans de séries… [« Game of Thrones », NDLR]

(Éclats de rires) Alors pour l’anecdote… je ne connais pas « Game of Thrones » ! Bien que cette chanson ait été écrite initialement en anglais sous le titre « Winter is coming »… (re-éclats de rires) Alors, certes, cette phrase fait penser à cette série, mais c’est une expression aussi, c’est une période de vie qui arrive… C’est dans ce sens que je l’ai écrite.

Il t’arrive souvent d’écrire en anglais ou même de passer par l’anglais pour en arriver au français ?

Oui. J’écris la moitié de mes textes en anglais. Ensuite, je les retravaille en français. Ça m’aide à trouver une dynamique rythmique.

Écrire dans une langue autre que ta langue maternelle te permet-il d’aborder des sujets sensibles avec une distance plus importante, avec moins de douleur ? La pudeur est très différente entre les mots posés dans sa langue maternelle et une langue apprise plus tard…

C’est vrai. Il y a beaucoup moins de pudeur en anglais. Je suis beaucoup plus sensible aux mots que je peux écrire en français. Ils me touchent plus directement. Chanter en anglais permet de donner une distance avec nos propres émotions. Même si on comprend les mots et qu’on les écrit, c’est un peu comme s’ils nous touchaient moins. C’est pour cette raison que j’aime beaucoup écrire en anglais dans un premier temps, parce que ça me permet de faire sauter certaines barrières ou préjugés, d’ailleurs. Parce que la chanson française est une culture très spécifique et très académique. Poser des mots en Français, ce n’est pas anodin…

Vu que tu écris pas mal en anglais aussi, c’est par soucis de cohérence qu’il n’y a aucun titre dans cette langue sur le EP ?

Tout à fait. On a beaucoup hésité à ce propos d’ailleurs, parce que j’aime aussi beaucoup chanter en anglais. Mais c’est vrai que pour un premier projet, on a fait le choix de proposer cinq titres en français. Là, par exemple, je suis en ce moment-même en train de travailler sur quelques titres qui pourraient potentiellement rester en anglais. Ce n’est donc pas du tout une porte fermée, tout dépend du projet.

Revenons au EP. Troisième piste, « Reste tranquille ».

C’est un titre que j’ai composé au ukulélé. Les paroles ont beaucoup changé dans le temps. Ce sont les aquarelles et le travail d’un de mes amis, Thang, qui m’ont inspiré ce titre [https://www.instagram.com/romanticdinner/, NDLR]. Il a une approche très romantique de la création. Il donne la part belle aux animaux, d’ailleurs son travail est un mélange d’animaux et d’humains. C’est assez étrange. C’est à la fois romantique, mystérieux et sensuel. Il travaille avec des couleurs pastel très douces, des corps dégradés, des visages presque monstrueux, des mains de sorcières… mais tout reste dans la douceur et la réflexion. C’est assez étrange d’avoir un travail aussi doux et en même temps aussi pointilleux sur le sens de la vie… Il était à Paris quand j’ai écrit cette chanson. C’était un après-midi, il était à la maison et je regardais ses aquarelles…

Quatrième chanson, « Dolce Baci », qui n’est pas dans un italien très académique.

Effectivement. En italien, on dit dolci baci… Et c’est fait exprès, pour des raisons personnelles. Je trouve que « Dolce Baci » sonne mieux que dolci baci. (sourire) Je maitrise très mal la langue italienne, mais j’ai écrit la moitié de cette chanson en italien. Je venais de quitter Rome où je vivais depuis plusieurs mois. J’avais écrit cette chanson dans un italien chaotique, et je me suis dit qu’il fallait que je garde cette faute dans le refrain qui exprimait, je trouve, très bien le reste de la chanson.

C’est une licence poétique.

On va dire ça comme ça. Je ne sais pas si j’ai la licence, mais je me suis permis de le faire ! (rires)

Mont Joseph – Dolce Baci

Un clip a été réalisé par Marianne Barthélémy. Raconte-moi un peu l’histoire de ce clip très sombre et très esthétique…

Ça a été une super aventure la création ce clip… j’avais écrit un petit texte sur l’histoire d’un homme qui perd la vie dans un bois alors qu’il a des rencontres amoureuses. Quand j’ai contacté la réalisatrice, Marianne Barthélémy, je lui ai dit que j’avais envie de faire quelque chose autour de cette histoire pour mettre « Dolce Baci » en images. Elle m’a proposé de modifier l’histoire de manière à ce que ce soit une statue que l’on découvre dans ce bois, et pas un cadavre. Ce qui donne plus de poésie d’une certaine manière. Elle a en tout cas très bien capté ce que je voulais transmettre au travers de ces images. Le clip sert super bien la tonalité musicale du morceau.

Avec ce titre en italien, on aurait pu s’attendre, sur les images, à cette lumière flamboyante  typique de l’Italie, et puis, non, on se retrouve dans la grisaille des Côtes d’Amor. Le contraste de luminosité sert la dramaturgie du titre, finalement.

Effectivement. On avait d’ailleurs envisagé de tourner ce clip à Rome, pour être dans des teintes très italiennes, pour capter cette lumière si spécifique de l’Italie et de la région romaine en l’occurrence, comme tu le soulignes. Mais le fait d’avoir tourné en Bretagne, avec des images un peu sombres, sert le propos du titre. Cette idée est de Marianne. Au final, Marianne a ramené pas mal d’idées, c’est un vrai travail d’équipe qui fait ce que le clip est aujourd’hui.

D’autres clips sont-ils prévus ?

On va peut-être tourner un clip sur « Paradis ». J’ai une idée en tête que j’aimerais bien mettre en images. Ça dépendra de la réception du EP. En tout cas, on a déjà un clip prévu sur « Reste tranquille », ce sont des collages qui ont été réalisés par Meriam Lakhssassi. Le clip est en train d’être monté, on espère pouvoir le sortir d’ici septembre pour pouvoir reparler un peu de cette chanson qui est un peu le point culminant de cet EP…

Plus largement, quel est ton rapport à l’image ?

Je me focalise beaucoup sur des images ou des tableaux en ce qui concerne l’écriture. C’est typique dans un morceau comme « L’homme du moment » dans lequel j’essaie, très humblement, de peindre avec des mots. Ça m’ouvre tout un champ de possibles. Au niveau de la musique, ce sont plutôt des ambiances et des moods que je recherche. J’ai plutôt un rapport énergétique avec la musique, quasi mystique. La composition c’est une ambiance interne qui me guide. Et il en est de même lorsque je travaille avec d’autres compositeurs, je leur parle de sensations avant tout… et avec des mots aussi, évidemment ! (rires) Quand on a créé le EP avec Pierre-Alain, je lui avais montré des images du film de Claire Denis, « High Life ». Il y a une chanson de Tindersticks qui est chantée par Robert Pattinson qui est incroyable ! Le clip était magnifique aussi. Je lui avais dit que c’était un peu l’ambiance que je souhaitais retrouver sur cet EP.

Évoquons « L’Homme du moment », maintenant, le dernier morceau. Tu as voulu peindre ce titre avec tes mots, donc…

Oui… c’est une chanson très ancrée dans l’instant présent, finalement. Je me suis imaginé en haut d’une montagne à regarder la terre qui tremblait et qui s’écroulait… J’avais besoin d’écrire sur une relation qui était de la même veine que cette terre qui s’écroulait, comme si il y avait un truc qu’on n’avait pas compris dans son fonctionnement… « L’homme du moment », c’est un peu moi, mais ce sont aussi tous ces gens qu’on croise un instant et qui permettent de soulager une douleur amoureuse et puis qui disparaissent. Ce sont les hommes de passage…

Tu travailles sur d’autres chansons ?

Oui, bien sûr. Toujours avec Gauthier Quatelas. Ce sont des chansons toujours en français, mais avec des ambiances plus « urbaines », même si je n’aime pas du tout ce terme (sourire). Disons que ce sont des chansons inspirées de la manière de créer avec des samples. Ce sont des titres qui bougent un peu plus. Je travaille aussi avec Joe Flory, le batteur de Chili Gonzales, qui m’aide beaucoup sur ces nouvelles chansons. C’est vraiment un travail en cours. J’ai lancé plusieurs perches et on va voir en fonction de la réception de l’EP et de mes aspirations vers quoi je vais tendre… Il y a en tout cas plein de jolies choses qui se préparent sur différents fronts.

Dans l’idéal, tu préfèrerais aller vers un deuxième EP, format plus court et plus immédiat, ou véritablement t’atteler à la conception d’un album ?

Je n’en sais trop rien… Vu que déjà ces chansons que l’on retrouve sur cet EP sont extraites d’un album démo qui avait sa propre cohérence… (sourire) Il était composé de douze chansons qui étaient ultra cohérentes, qui évoluaient dans le même univers. Et là, on a explosé cet album… et il m’en reste sept « sur les bras » (sourire) … Comment leur donner vie ? Va-t-on rester dans cette direction artistique, va-t-on développer d’autres univers ? Ce n’est pas du tout évident de penser à la suite et de faire des choix. En tout cas, ces chansons ne sont pas perdues, elles font partie d’un tout que j’aime et que j’ai envie de faire vivre. En même temps, j’ai composé d’autres chansons depuis qui sont plus en adéquation avec mes sentiments et mes aspirations musicales d’aujourd’hui. On grandit vite, on change vite… et ce n’est pas évident d’avoir toute cette matière « en attente ». Les albums sont des objets musicaux passionnants, ils sont l’occasion de rentrer dans un univers et d’y rester. Et malgré le fait que tout ceci a été complètement explosé par la dématérialisation de la musique, la culture de l’album reste ancrée pour certains puristes, et c’est tant mieux ! Donc, oui, j’aimerais publier un album, mais est-ce encore une priorité en 2020 ? Je suis en plein questionnement à ce sujet en ce moment à vrai dire… j’aimerais avoir aussi le soutien d’un label pour me lancer dans l’aventure d’un album parce que c’est tout de suite plus laborieux. C’est une logique économique, et c’est triste de parler ainsi à propos de musique, mais c’est une réalité de nos jours. En EP est plus facilement publiable qu’un album…

Cet Ep va-t-il bénéficier d’une sortie physique ?

Malheureusement non, il restera à l’état digital. Est-ce que ça encore un sens de publier un CD ou un vinyle aujourd’hui pour un jeune artiste ? Oui, ce serait un rêve de « matérialiser » tout ce travail qui a été fait. Après, il y a la réalité économique du marché du disque…

Dans quel état d’esprit es-tu à quelques jours de la publication de ce premier EP solo ?

Je suis complètement paralysé parce que je suis dans l’attente de tous ces possibles qu’on espère… Depuis une semaine, il m’est quasi impossible de créer. Je suis dans une espèce de temps mort un peu particulier. C’est le calme avant… une tempête ? Le plein soleil ? On n’en sait rien. C’est le calme en tout cas en ce moment…

Propos recueillis le 21 mai 2020 par Luc Dehon.
Photos : Charly Gosp

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Author: Luc Dehon