Interview de Comme John

Comme John

Les sisters Gaëlle et Claire de Comme John sont de retour avec un nouvel album, « Douce folie », un opus subtil et solaire écrit et conçu comme une histoire d’amour qui finit bien. ça change, et ça fait un bien fou ! Nous avons été à la rencontre de Claire afin d’en savoir plus sur la genèse de ce projet, et même un peu plus…

Quand on écoute votre nouvel album, il est truffé de références, que ce soit dans les harmonies, les rythmiques, les lignes de piano, les textes… On est en droit de se demander ce que vos parents vous ont fait écouter à toutes les deux quand vous étiez enfants.

Comme John, Douce Folie

On tire nos influences, il est vrai, de plein d’univers musicaux différents. Nos parents écoutaient beaucoup de vinyles. Notre père était plutôt langue anglaise, il écoutait Supertramp, Simon & Garfunkel, ABBA… Notre mère, elle, écoutait plutôt de la chanson française. France Gall, Polnareff… Ils écoutaient aussi pas mal Barbara tous les deux. Ça, c’est vraiment ce que nos parents nous ont fait écouter quand nous étions gamines. Après, ados, on a chacune pris nos routes. Gaëlle écoutait plus de la musique anglo-saxonne. Elle écoutait pas mal les Beatles, je les ai beaucoup écoutés aussi et d’ailleurs le nom du groupe fait référence à John Lennon. De mon côté, comme notre mère, j’étais plus portée pour la chanson française, avec des artistes comme La Grande Sophie. Nous sommes très éclectiques dans nos choix musicaux, on n’est pas du tout fermées, on écoute aussi du rap, du rock… On se nourrit de tout ça pour créer notre musique.

Venez-vous d’une famille de musiciens ou d’artistes ?

Notre grand-mère chantait beaucoup, en espagnol notamment. Elle a même enregistré un vinyle. Elle prenait d’ailleurs toujours beaucoup de plaisir à nous raconter qu’elle été montée à Paris pour l’enregistrer. Après, nos parents ne sont pas forcément musiciens, même s’ils écoutent beaucoup de musique. Papa a fait un peu d’accordéon, le goût des instruments vient probablement un peu de lui. Notre mère, elle, a une oreille assez développée. Ils sont toujours d’ailleurs les premiers à qui on fait écouter nos chansons. Leur retour est essentiel parce qu’ils restent assez critiques. C’est précieux.

Quels sont vos parcours respectifs avant de former « Comme John » ?

Nous avons cinq ans d’écart avec ma sœur, qui est ma cadette. J’ai commencé le conservatoire à l’âge de sept ans. J’étais en classe à horaires aménagés, donc, une bonne partie de mon temps était libéré pour l’apprentissage du solfège, la chorale et les cours d’instrument. J’ai notamment fait de l’accordéon pendant huit ans, qui est mon instrument de prédilection. Au lycée, j’ai un peu arrêté tout ça et je me suis dirigée vers des études de cinéma. Ma sœur a suivi à peu près le même parcours, si ce n’est qu’elle a appris la flûte traversière. Et toujours ces cours de chorale qui nous ont donné un bonne base. Et d’ailleurs, aujourd’hui, ça ressort dans nos chansons, on adore les harmonies. Le fait de chanter en chorale pendant une dizaine d’années… eh beh… ça nous donne un petit bagage assez solide, je pense ! (sourire)

Comme John © HMWK

Vous jouez d’autres instruments que de l’accordéon et de la flûte sur scène…

C’est vrai que sur scène, on joue pas mal d’autres instruments. Je joue notamment du ukulélé ou du piano, on joue beaucoup avec les loopers aussi… tout ça, on l’a appris après coup sur le tas toutes les deux. Après avoir eu cette base de conservatoire, on a pris des libertés et on a appris pas mal de choses en autodidacte. On a un piano chez nous… et à force de tapoter dessus… on apprend l’instrument ! (sourire) Sur scène, ma sœur a gardé la flûte. En ce qui me concerne, je ne joue pas forcément d’accordéon. On est en train de regarder pour en ajouter un peu à notre set, mais il faut que ce soit bien placé, que ça arrive au bon moment. On travaille sur ceci en ce moment.

Nourrissiez-vous ce projet commun depuis longtemps ?

Ce petit groupe, on l’a monté dès qu’on a été en capacité de chanter, mais ça restait au niveau familial. Ma sœur devait avoir sept ans et moi, douze. Ce n’était pas « Comme John », mais c’était tout comme (sourire). Par la suite, j’ai joué pendant plus de cinq ans dans un groupe de chanson française, de vingt à vingt-cinq ans. Ça m’a plutôt bien forgée, surtout niveau scène. On avait joué notamment avec les Ogres de Barback, Carmen Maria Vega… C’était assez sympa. Avec ma sœur, c’est venu un peu par hasard. Une salle cherchait une première partie et nous nous sommes proposées. Nous n’avions quasiment rien, même pas un nom de groupe. On leur a filé quelques maquettes qui traînaient et ils ont voulu nous programmer. Tout a commencé comme ça. On a fait beaucoup de reprises à nos débuts puisque nous n’avions pas de répertoire, mais toujours à notre sauce. On a eu de supers retours… et nous nous sommes dit que ce serait peut-être sympa de se lancer dans une véritable aventure musicale à deux. Ce devait être en 2013/2014. C’est vraiment à partir de là que ça devient sérieux, qu’on commence à faire de la scène et qu’on se met à la composition de chansons originales.

Comme John © HMWK

Vous qui avez travaillé avec un autre groupe, travailler avec votre sœur, c’est plus facile dans le sens où vous vous dites les choses probablement plus simplement ou plus compliqué dans le sens où vous vous connaissez par cœur et qu’il devient parfois plus difficile de surprendre l’autre ?

Comme on joue ensemble depuis toujours, on fonctionne essentiellement au feeling. On répète, certes, mais ce qu’on aime par-dessus tout, c’est l’impro. Parfois, un petit imprévu sur un concert nous permet d’improviser dessus… D’ailleurs, sur scène, c’est un gros avantage. Il nous est déjà arrivé plein de choses (panne d’électricité, le looper qui cesse de fonctionner…) on a toujours réussi à s’en sortir. Après, arriver à se surprendre l’une l’autre ne pose aucun problème puisque nous ne composons pas nos chansons ensemble. On ne s’est jamais mises toutes les deux autour d’une table pour écrire une chanson…

Ah bon ? Vous travaillez donc à distance au départ.

Oui. On compose et écrit chacune de son côté. Soit l’une compose une musique et l’autre les paroles, soit, c’est l’inverse. Après, on envoie à l’autre ce qu’on vient de faire pour voir sa réaction. Ce n’est que dans un deuxième temps que nous nous mettons ensemble pour voir si ces bribes vont donner une chanson future ou non. Donc, oui, pour en revenir à votre précédente question, même si nous nous connaissons par cœur, nous arrivons toujours à se surprendre l’une l’autre dans le sens où on ne sait jamais ce que l’autre va nous envoyer… (sourire) Après, c’est généralement assez tranché. Les trois quarts du temps, ça nous parle. Et quand ça ne nous parle pas, on le dit très rapidement à l’autre. On ne perd pas de temps.

Comment avez-vous bossé sur cet album ?

Chaque chanson a été faite différemment. Chacune s’occupe un peu de tout. Il n’y en a pas une qui écrit les textes et l’autre qui compose. « Au loin », par exemple, c’est un texte que j’avais écrit, et que ma sœur a un peu retravaillé derrière, et la musique, c’est une petite base que j’avais composée aussi. Elle est donc plus « de mon côté ». Par contre, « Nous finirons ensemble », c’est ma sœur qui a fait les paroles et la musique. Je n’ai rien fait d’autre que valider, elle était top ! (rires) Pour d’autres chansons, on travaille toutes les deux… On essaye bien évidemment au final d’avoir un univers cohérent, mais chaque chanson est née différemment.

Comme John © HMWK

Un mot sur « Illusion », votre précédent album. Qu’en retenez-vous ? Y a-t-il des choses que vous souhaitiez gommer ou accentuer quand vous vous êtes mises en route pour le deuxième ?

« Illusion » était notre premier album en français, puisqu’auparavant, nous nous étions un peu frottées à l’anglais. Cet album a marqué notre entrée dans la cours de la langue française. Nous avions un peu peur à vrai dire. Chanter en français, aujourd’hui, c’est un peu complexe, il faut être honnête. C’est pour cette raison d’ailleurs que beaucoup d’artistes français chantent en anglais. Je pense que là, on a posé une base en gardant ce côté un peu classique avec des cordes et un gros travail sur les harmonies. Ce premier album nous a surtout permis de faire de super scènes et de rencontrer des gens, que ce soit des professionnels ou du public. C’est grâce à « Illusion » que nous avons eu nos premiers retours finalement. Tout ceci nous a aidées quant à la création de ce nouvel album. Cette fois-ci, nous avons pris le temps, puisqu’ « Illusion » était sorti en 2017. Lui, d’ailleurs, il avait été enregistré en quelques semaines tout au plus, peut-être un mois. Alors que celui-ci, sa création s’est étalée sur plus d’une année. Nous avons aussi fait appel à un arrangeur extérieur. La démarche n’a pas du tout été la même. On a véritablement pris le temps de la réflexion, ce que nous n’avions pas fait sur « Illusion ». On a réécouté les chansons, on les a peaufinées, on les a digérées. Et puis, aussi, nous les avons chantées sur scène. Ce qui n’avait pas été le cas sur le précédent. Ici, nous avons déjà joué quelques-unes des chansons sur différentes scènes et nous avons eu des retours. Ce qui nous a permis de la travailler mieux et aller au bout de chaque chanson.

La scène vous a donc permis de peaufiner les chansons.

Oui. Pas tant au niveau de la construction, de la compo ou du texte, mais plutôt au niveau de l’interprétation. Le premier album était plus linéaire finalement, celui-ci a plus de relief. À force de chanter les titres sur scène, on trouve leur véritable intention. La scène est un véritable révélateur de chanson. Au niveau du son, la scène nous a pas mal aidées aussi. On a pu essayer de vieux synthés des années 80, de la guitare électrique… et toutes ces explorations se retrouvent au final dans le disque.

Vous m’avez dit tout à l’heure que vous aviez fait appel à un arrangeur, Victor Roux en l’occurrence. Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui et qu’a-t-il apporté à vos chansons ?

Victor, nous l’avons rencontré à Astaffort, puis nous nous sommes recroisés avec Emilie March, Benoît Dorémus… Quand on rentre dans le « milieu » de la chanson, on se rend compte très vite qu’il y a comme des « familles », du moins des connections qui se font de façon presque évidentes. Ça a été le cas avec Victor. Quand il a été question de faire appel à un arrangeur, nous en avons contacté plusieurs, dont Victor. Nous lui avions envoyé quelques chansons pour voir ce qu’il en pensait, la couleur qu’il souhaitait leur donner. Comme Victor a travaillé avec des artistes qu’on aime bien, comme Camélia Jordana, on était curieuses de voir le travail qu’il avait envie de faire sur nos compositions. Au final, on a véritablement avancé sur ce projet main dans la main avec lui. D’une vulgaire petite maquette voix/uku ou voix/piano, avec tous ses instruments, il a fait des merveilles. On a construit avec lui l’esthétique de chaque chanson. « L’après-midi » on lui a donné un petit côté sixties avec ce tambourin et cette batterie très Beatles. On a pris le temps de bien faire les choses et c’était vraiment un travail sympa. Sur « Illusion », on avait travaillé avec un arrangeur aussi, mais le travail n’a pas été le même. Victor a donné beaucoup d’idées, il nous a pas mal guidées. C’est toujours très intéressant d’avoir une oreille extérieure qui apporte son propre univers. C’est enrichissant. Et au final, le travail que nous avons fait avec Victor nous correspond très bien.

Comme John © HMWK

Sans rentrer dans l’explication de texte, exercice toujours un peu scolaire et assez peu intéressant, y a-t-il selon vous un fil rouge qui se trame dans le disque ?

Oui. Au début, nous avions pas mal de chansons, et au final nous n’en n’avons gardé que neuf parce qu’il nous est paru évident que ce disque, c’était une histoire d’amour qui finit bien. Toutes les chansons parlent beaucoup d’amour finalement. « Au loin », c’est une personne qui attend et attend encore et la personne arrive enfin… Nous avons en tout cas souhaité construire cet album comme une histoire d’amour qui commence et qui finit bien, puisque la dernière chanson est « Nous finirons ensemble », et au milieu, il y a des ruptures ou des moments plus compliqués… comme dans une histoire d’amour. On avait en tout cas envie de chanter l’amour de manière positive.

Il y a un champ lexical qui vous suit aussi, c’est celui de l’été, de la saison chaude. Il y avait des chansons comme « Le mois d’août » ou « Songe d’été » sur « Illusion ». ici, il y a « Été 80 », « Les beaux jours »… quelque chose de très lumineux, très solaire.

C’est vrai que ça nous ressemble. On a une personnalité double et c’est ce qui transparait sur scène. D’un côté, nous avons des chansons très mélancoliques, écrites en mode mineur. Et d’un autre, nous sommes très énergiques, on adore rire sur scène et faire des blagues. C’est ce côté solaire qui ressort. Vous savez, c’est très simple, notre plaisir, c’est que les gens passent en bon moment en écoutant nos chansons. Aujourd’hui, il y a tellement de choses difficiles qui se passent dans notre monde que si, juste pendant trente minutes en écoutant notre album, ils peuvent passer un bon moment… le pari est réussi.

Le tracklisting de l’album a été, à mon sens, conçu pour un vinyle. Avec les cinq premiers titres pour une Face A qui se terminerait par « Suis-moi », et les quatre derniers pour une Face B qui débuterait par « Réveille-moi » et se terminerait par « Nous finirons ensemble ». A-t-il été conçu de cette manière et un vinyle va-t-il être édité ?

Effectivement… Et je vais même aller plus loin dans votre sens, le format aussi est le format d’un 33 Tours. Neuf titres, assez courts. Et puis cette boucle dont vous parliez. Le fait de « construire » une histoire d’amour au fil des chansons comme nous en parlions tout à l’heure renforce cette idée aussi de conception d’un vinyle. D’ailleurs, c’est un de nos souhaits les plus chers, le sortir en vinyle. C’est à l’étude. Quant à la production pure et dure, on est en pleine réflexion. L’album sortira en CD, et notre souhait serait de le publier en vinyle aussi. Malheureusement, tout ceci a un coût. Alors pourquoi ne pas placer le projet sur une plateforme participative ? Là aussi, nous y réfléchissons.

Comme John © HMWK

Surtout qu’il est porté par un très joli visuel…

C’est le côté frais et estival qui ressort de cette photo. C’est tellement difficile de trouver un visuel qui soit cohérent avec le contenu d’un album. Le premier clip extrait de cet album, « Au loin », a été réalisé par Homework, une boîte clermontoise. On avait travaillé avec eux sur, notamment, les clips de « Partons demain » et « Le mois d’août ». On aime bien leur approche de l’image, on aime l’esthétique sur laquelle ils travaillent. Le clip de « Au loin » est une succession de tableaux sur fond coloré, chaque tableau étant un petit clin d’œil. Et le visuel de « Douce Folie » se retrouve dans l’un de ces tableaux. Il est même le premier plan du clip. On cherchait des visuels d’album… on avait même choisi deux ou trois photos de nous deux qui nous plaisaient bien. Mais en regardant le clip de « Au loin », le visuel était devant nos yeux depuis un moment : cette image de crème glacée avec ce ballon éclaté nous a sauté aux yeux comme une évidence… Nous n’avons pas travaillé une photo en but de faire la pochette, elle existait tout simplement. Ça coulait de source. Ça représente une envie de croquer la vie, une certaine idée aussi d’une histoire d’amour qui éclate, comme un ballon percé… En tout cas, c’est un tableau qui représente la vie dans son ensemble, dans des tons pastel bleu et rose, des tons apaisés, et qui colle bien à notre univers.

Un mot sur le clip de « Réveille-moi ».

C’est un clip qui fait suite à « Au loin » et « Même si », deux univers différents, qui dévoilera encore une troisième facette de notre tandem. Il est plus dans le côté cinématographique celui-ci, qui fait aussi partie de nos influences, puisque nous nous sommes prises pour Thelma & Louise à bord d’une vieille MG rouge… C’est donc un road movie… avec deux sœurs killeuses ! (éclats de rire) C’est une ambiance un peu plus noire qu’on dévoile ici, mais toujours avec ce décalage qui nous correspond bien, un peu rétro. Avec ces trois clips, on essaye de montrer différentes facettes de notre univers. On a travaillé sur ce clip avec une nouvelle boîte de prod qui est basée à Paris, « Comme un film ». On avait beaucoup aimé le travail qu’ils avaient fait sur le clip de « Ginger » de Feu ! Chatterton. Leur côté hitchcockien nous plait beaucoup.

Y a-t-il une chanson pour laquelle vous avez une petite tendresse particulière ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas au propos de la chanson, mais plutôt à une petite anecdote qui se serait passée autour d’elle, en studio ou sur scène, par exemple.

« Nous finirons ensemble »… je me souviens parfaitement du moment où je l’ai étendue pour la première fois. Ma sœur m’avait envoyé un mémo sur mon téléphone, j’étais affalée dans mon canapé (sourire). Dès que j’ai écouté cette chanson, j’ai eu comme une révélation. Tous les mots étaient parfaitement à leur place. Chaque intention était juste. J’ai tout de suite aimé les images que la chanson suggérait. La mélodie m’a parlé tout de suite. J’ai été très fière d’elle et pour elle, j’en avais des frissons partout. Et je vais même aller plus loin, j’étais fière que cette chanson figure dans le tracklisting de l’album et que ce soit ma sœur qui l’ai écrite. C’était une évidence pour moi. C’est un peu mon côté grande sœur fière de sa petite sœur qui ressortait (sourire). Et pour l’anecdote de l’anecdote… Gaëlle venait de lire un poème d’Aragon qui s’intitulait « Nous dormirons ensemble » et l’avait beaucoup aimé. Elle a donc souhaité le mettre en musique. Nous avons été ensuite nous balader sur Youtube et nous avons vu que Jean Ferrat l’avait déjà mis en musique auparavant, avec une mélodie totalement différente évidemment. Du coup, comme pour des raisons de droits, c’est toujours un peu compliqué d’utiliser un poème existant, on s’est dit que pour pouvoir garder notre propre mélodie, il fallait en changer les paroles, mais en restant dans l’esprit de ce poème d’Aragon… « Nous dormirons ensemble » est devenu « Nous finirons ensemble », et c’est un clin d’œil à Aragon.

Comme John © HMWK

Il est très difficile de parler de scène en ce moment…

Effectivement ! On avait pas mal de dates programmées au printemps, période où l’album devait initialement sortir. Ça nous manque beaucoup cet échange avec le public. Et c’est compliqué avec le numérique. On n’a pas fait de concert en ligne pendant le confinement, parce qu’un concert sans réaction du public… c’est difficile ! Alors, pendant le confinement, nous avions décidé de faire une reprise par jour, chacune à son tour, comme pour répondre à l’autre, on a appelé ça « Les covers confinées ». Ça nous a permis de nouer un contact particulier avec les gens. Et puis de toute façon, nous n’avons pas le choix, il faut penser différemment aujourd’hui et essayer de garder un contact via le numérique…

Votre album aurait dû sortir pendant le confinement, vous aviez pas mal de concerts à cette époque qui ont été annulés. Comment l’avez-vous vécu ?

Très franchement, on ne l’a pas si mal vécu. On n’a pas eu le choix, on a dû s’adapter. Ça a mis un peu de piment va-t-on dire… on n’en demandait pas autant, mais bon ! (rires) Début avril, tout était tellement flou, on a rapidement pris la décision de décaler la sortie de l’album à septembre… et on a eu la chance que ce soit possible. Mais finalement, nous nous sommes pas mal adaptées. Le fait que le problème soit mondial, que nous soyons tous dans la même situation a aidé aussi. On a eu la chance aussi que toutes les dates programmées aient pu être reportées… On a positivé, chacune de son côté puisque nous étions confinées séparément. Nous sommes deux sœurs très fusionnelles, mais chacune a sa vie et son territoire…

Propos recueillis par Luc Dehon le 19 juin 2020
Photos : HMWK

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Author: Luc Dehon