Terrenoire : Les forces contraires

Terrenoire : Les forces contraires

Le groupe Terrenoire a publié le 28 août dernier son premier album intitulé « Les forces contraires ».

Deux ans après la publication d’un premier EP porté par des titres comme « Le silence » ou « La nuit des parachutes » et qui a mis tout le monde d’accord, il était temps pour les stéphanois de Terrenoire de passer à la vitesse supérieure et présenter leur premier album. C’est chose faite depuis vendredi dernier, et l’attente fut récompensée.

Un drame familial comme point de départ d’une aventure (la mort du père), l’écriture de mots pour panser ses maux, la recherche de textures sonores, la création d’un label musical, l’aménagement d’un studio… voici, en résumé, le parcours de ces « Forces contraires ». Parce que c’est bien pour honorer la mémoire de leur père décédé que les deux frères Raphaël et Théo Herrerias ont mis en place leur projet musical.

Il est forcément beaucoup question du deuil dans les dix titres qui composent ces « Forces Contraires », et donc de la mort et de l’absence (« Derrière le soleil », « Jusqu’à mon dernier souffle », « Ça va aller »…), mais aussi – et avant tout – question d’amour. Parce que cet album honore un défunt aimé, mais il célèbre aussi les jours heureux et la reconstruction. Aussi personnel soit-il, « Les Forces Contraires » est pourtant tout sauf un album autocentré. Il évoque l’amour, évidemment, éternel thème de chanson, avec des mots crus et pensés  (« Baise-moi », « Margot dansait sur moi ») et formule avec subtilité et justesse les questions existentielles (et essentielles) qu’on est en droit de se poser sur notre société ankylosée dans sa course effrénée vers on ne sait où (« Dis-moi comment faire », « La fin du monde »,…). Déprimant. Oui, un peu. Mais sublime.

On pourrait qualifier de tellurique la poésie douce-amère de Terrenoire et d’électro pop urbaine leur esthétique musicale. Oui, on pourrait. On pourrait trouver pléthore de qualificatifs plus élogieux les uns que les autres aussi pour décrire leurs « Forces contraires ». On pourrait. Et pourtant ce serait vain. Parce que c’est l’écoute de leurs chansons qui bouleverse et interpelle. Ça tambourine, ça percute, ça pose le doigt là où ça fait mal. Et en fin de compte, ça fait du bien.

Author: Luc Dehon