Rencontre avec Romain Humeau

Romain Humeau @ Marie d'Angleville

Un peu plus d’un an après la publication du dernier Eiffel, Romain Humeau revient avec un excellent cinquième album solo, « Echos ». Nous avons été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur ce projet particulièrement ancré dans notre présent, l’occasion également de discuter avec lui de la genèse de ce disque, ses nombreux projets et sa vision du monde… Rencontre avec un artiste vrai, sincère et qui ne manie pas la langue de bois.

Nous nous étions parlé à la sortie de « Stupor Machine » (-> lire notre interview de Romain Humeau à l’occasion de la sortie de « Stupor Machine » du groupe Eiffel). Il s’en est passé des choses en un peu plus d’un an. Raconte-moi un peu ce qui a été le terreau de « Echos ».

Tu peux le dire ! (rires) Quand « Stupor Machine » est sorti, j’étais déjà bien avancé dans « Echos ». Je fais toujours plein de choses en même temps ! (sourire) Après la sortie de l’album, on est parti en tournée, en Belgique d’abord, puis en France, puis… tout a été stoppé net par le Covid.

Cet album, « Echos », tu m’as dit tout à l’heure que tu le voyais comme un album de transition…

Effectivement, cet album, je le vois comme un album de transition, ce qui ne veut pas dire secondaire. Mais de par sa nature, il est « entre deux périodes ». On trouve dedans quelques vieilles chansons, des inédits de « Mousquetaire #I » et « Mousquetaire #2 », de nouvelles chansons, dont certains textes ont été terminés pendant le confinement et la chanson « Echos » que j’ai écrite à la base pour une chanteuse de variété qui ne l’a pas retenue. C’est donc un album un peu patchwork que je voulais publier avant de m’atteler à la suite, à savoir trois albums qui seront pour le coup, d’une toute autre nature.

« Echos » est un album assez court. Neuf titres.

Oui. J’ai plus l’habitude de faire des albums de douze ou treize titres. Mais là, je le souhaitais court pour qu’il marque cette transition entre mes précédents albums solo, ceux d’Eiffel (puisque c’est moi qui en écris les chansons) et la suite. C’est une nouvelle ère qui commence… et c’est dans l’air du temps (sourire)

On avait dit qu’on essayerait de ne pas trop parler de Covid…

(éclats de rire) Bah oui, mais bon… c’est une autre ère qui commence à tous les sens du terme !! J’essaye en tout cas de continuer mon travail pendant cette période. Tu sais, j’écris des chansons, point barre. Qu’elles soient jouées en solo, avec Eiffel ou chantées par d’autres, peu importe. Je suis un gars simple, il ne faut pas chercher de concept derrière tout ça. Rien n’est calculé. D’ailleurs médiatiquement, c’est très compliqué aujourd’hui de publier un album en mon nom. Les gens retiennent « Eiffel » parce que, quel mot horrible !, c’est une marque, mais moi, je ne suis pas une marque (sourire). Pourtant c’est le même mec qui chante et qui écrit. Ce qui change, c’est qu’avec Eiffel, on a une esthétique musicale Rock, alors que moi, je peux aller taquiner d’autres registres.

Le grand talent de la musique, c’est l’imaginaire qu’elle suscite. Une chanson, ce sont mille portes sur mille pays différents. C’est l’auditeur qui finit la chanson.

Eiffel est estampillé comme un groupe de rock.

Voilà. Il est comme tel. Et le temps passant, je me rends compte que le cadre d’un groupe de rock est parfois un peu restreint. Et je n’ai plus envie de ça. Du moins, plus envie que de ça, j’ai besoin de faire d’autres choses.

Tu as ta propre maison de disque aujourd’hui, c’est probablement plus facile de gérer les différents projets.

Effectivement. On avance en toute liberté pour faire les choses. Ça nous ouvre des portes énormes. Les maisons de disque, on a donné, ce n’est qu’une suite d’emmerdes notoires. Il faut trente mails pour un détail de visuel… Tout prend un temps fou. Les maisons de disque ne servent plus à rien aujourd’hui. Dans une structure plus modeste et plus artisanale, on peut être dix fois plus libre. Depuis qu’on est libéré des maisons de disques, je revis ! (rire)

Romain Humeau © Marie d'Angleville

C’est un peu le sens de la société actuelle, on retourne vers l’artisanat et on délaisse les grandes structures …

Oui, dans notre manière de vivre, ça change aussi. C’est comme quand tu vas faire tes courses à l’Amap, tu achètes directement au producteur et tu laves tes poireaux. Dans la musique, c’est pareil. Avant tu faisais vendre tes disques par des maisons de disques, aujourd’hui tu les vends toi-même. C’est parfois un peu chiant et pénible. Mais on s’adapte. En tout cas de l’énergie, on en a. Du moins pour l’instant. Aujourd’hui, avec notre structure, on est dans la marge… enfin, non, ce sont les maisons de disques qui sont dans la marge ! (sourire) Avoir sa propre structure, c’est beaucoup de boulot, ça fait un peu peur et en même temps, c’est joyeux parce qu’on est en train de créer et de se projeter, malgré le manque de vue sur l’avenir à l’heure actuelle. On se crée des cadres, mais qui peuvent bouger. Je n’aime pas trop l’assistanat donc… on évolue en fonction de la situation.

En termes d’art, ce n’est pas le Covid qui fout la merde. La merde, elle est là depuis un moment.

Tu m’as dit que tu avais terminé plusieurs chansons pendant le confinement. Comment l’as-tu vécu en tant qu’artiste ?

On avait dit qu’on ne parlerait pas trop de covid… (éclats de rires) Le confinement ne m’a pas anéanti en tant que tel. Je n’ai pas ressenti ça en tout cas. Très sincèrement, le confinement m’a boosté. Je devais, à l’époque, mixer « Echos » et tourner avec Eiffel, ce qui était très compliqué à gérer. La tournée avec Eiffel ayant été annulée, ça m’a rendu la tâche plus aisée. Mais, le fait de voir toutes ces infirmières, ces médecins, les facteurs, ces éboueurs… se décarcasser pour nous et tracer, eh bien je me suis dit « Mec, t’as pas le droit de vivre ça à la légère ». Alors, bien sûr, comme un grand couillon, je me suis jeté encore plus dans la tâche en voulant faire du surrégime. Ce qui, à un moment, m’a un peu submergé, mais ça m’a permis d’être connecté avec les gens qui bossaient dehors. J’étais enfermé, oui, mais dans de bonnes conditions avec un petit jardin. Je n’ai à me plaindre de rien. Et ça m’a agacé ce syndrome du « Oh mais on nous a enlevé notre liberté, j’ai tellement besoin de voir la mer ». J’ai trouvé cette réflexion bourgeoise et indécente. Quand tu es confiné dans de bonnes conditions, avec quelques livres et quelques bons disques à écouter, tu te débrouilles, et tu la fermes. Quand tu vis dans 10 m² à Paris ou à la Courneuve, là, je comprends. Mais pas quand tu es peinard chez toi. Je ne voulais en tout cas pas me plaindre. Ça n’a pas été facile tous les jours, mais par rapport à ceux qui faisaient des trucs pour les autres, il aurait été indécent de le dire.  Alors, j’ai bossé, et ça m’a fait du bien. Autant je suis complotiste et j’en veux aux politiques et aux gros médias, d’ailleurs « Stupor machine » était assez éloquent à ce propos, autant là, parler de pseudo censeurs qui nous ont enlevé notre liberté, ça me casse les couilles ! Pour le coup, le Covid nous est tombé dessus comme ça. Je ne prétends pas qu’on nous interdise de jouer ou de faire de la musique, on nous conseille juste de ne pas le faire pour ne pas qu’il y ait des clusters partout. Par contre, j’espère que ça va cesser le plus rapidement possible. Et je vais être très dur, mais en termes d’art, ce n’est pas le Covid qui fout la merde. La merde, elle est là depuis un moment.

Revenons à « Echos », et cette chanson titre que tu n’as pas écrite pour toi à la base. Dans quel contexte l’as-tu écrite ?

Je l’ai donc écrite pour une chanteuse de variété française assez connue, qui finalement ne l’a pas retenue. À chaque fois, ça me fait le coup… quand j’écris pour quelqu’un, on me le refuse. La seule personne qui accepte mes chansons – et j’en suis ultra flatté – c’est un auteur compositeur de talent, Bernard Lavilliers. Là, je trouvais qu’il manquait à cette chanteuse dans son répertoire un titre un peu écolo comme celui-ci. Elle ne l’a pas voulu, et tout le monde autour de moi, dont Estelle, me disait que c’était un bon titre. Eh bien, je l’ai gardé pour moi. J’aimais bien son côté « Mary Poppins » et « Imagine » de John Lennon. Pour une fois, j’évoquais cette petite boule sur laquelle nous vivons tous comme un truc merveilleux qu’on pouvait perdre. Je l’évoquais déjà un peu dans « Stupor Machine », mais de manière très affairée et très dure, alors que là, « Echos » est une chanson vachement douce. Le danger est en filigrane. J’avais aussi lu à l’époque quelques bouquins sur l’épigénétique, et notamment notre rapport à l’eau et le fait que nous en soyons essentiellement constitués, et j’avais envie d’en parler dans une chanson. Quand je parle d’« Anges d’eau », ce n’est pas juste pour faire joli, ça a une référence. Je voulais parler des interrelations entre le végétal, le minéral, l’organique et l’humain… Dire que c’est merveilleux d’être en vie. Elle est assez fleur bleue cette chanson finalement. (sourire)

Tu l’as laissée telle quelle ou tu l’as retouchée ?

Quasiment pas. J’ai poussé un peu le trait, et je l’ai transposée puisque je l’avais écrite beaucoup plus haute, mais je ne lui ai pas apporté de modifications majeures. J’ai aussi pensé à une interprétation vocale un peu différente.

Un mot sur « Tryin’ to be a girl » maintenant qui évoque la transsexualité.

C’est une chanson que j’ai écrite à l’époque de « Mousquetaire 1 », vers 2013/2014. Je ne l’ai pas écrite par rapport à l’actualité, mais suite à une discussion que j’ai eue avec une femme transsexuelle à la fin d’un concert. Cette discussion m’avait marqué. Je ne voulais pas tant parler de la transsexualité en tant que telle, mais plutôt évoquer le fait que je ne comprends pas en quoi ça puisse encore gêner des gens. Idem pour l’homosexualité, bien que je ne mélange pas les deux. Je ne comprends pas comment en 2020 la transexualité puisse gêner des gens et faire les choux gras des médias. On ne devrait même pas en parler. C’est une évidence, point. Ça ne devrait gêner personne. Ça ne devrait même pas être un sujet. Et donc voilà, c’est pour cette raison que j’ai écrit ce texte. Et puis, je me suis posé la question de ce qu’on pouvait ressentir quand on ne se sentait pas en accord avec son sexe. Je n’ai pas trouvé de réponse, mais je pense que ce doit être très douloureux et très difficile à vivre. C’est pour ça qu’à partir du pont, cette chanson devient complètement tragique. Le petit mec qui veut devenir une fille se suicide à la fin…

Mais tout ceci en anglais, sous des airs pop faussement légers.

Oui, c’était le propos de la chanson aussi, en faire une chanson faussement légère. Le texte est horrible quand on y fait gaffe. D’ailleurs, j’en suis assez fier de cette chanson parce que j’aime l’idée qu’elle reste légère à la première écoute puis qu’elle provoque une douche froide. J’aime cette dualité. C’est un sujet difficile mais la musique légère le renforce à mon sens. Les antagonismes font la magie d’une chanson, finalement. Un titre qui reste de A à Z dans le pathos, c’est mort.

Romain Humeau © Benoît Peverelli

Tu travailles sur le clip en ce moment.

Oui, on bosse en ce moment là-dessus avec Foliascope, une boîte de production de films d’animation. On met le paquet pour le faire. C’est un travail de longue haleine parce qu’on ne sort que deux secondes par jour puisque chaque image est dessinée et animée. Je pense que ce sera très poétique, très beau. En tout cas, je l’espère parce que comme je te le disais, j’aime beaucoup cette chanson.

Le travail du visuel, c’est quelque chose qui t’intéresse ?

Énormément. Avec souvent beaucoup de déception parce qu’on n’a pas les moyens financiers nécessaires. Tu vas me dire que ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on va faire un beau truc, nous sommes d’accord. Mais quand on a des idées un peu fofolles, ça nécessite de travailler avec des gens de qualité, et la qualité… ça a un coût. À la base, le clip, c’est un truc publicitaire, mais certains ont réussi à le transformer en œuvre d’art. Au départ, ça me plaisait moyennement, aujourd’hui, je n’ai plus de problème avec ça. Il ne faut pas mentir non plus… c’est lié au fait que les gens n’écoutent plus la musique, mais la regardent. Le grand talent de la musique, c’est l’imaginaire qu’elle suscite. Une chanson, ce sont mille portes sur mille pays différents. C’est l’auditeur qui finit la chanson. Toujours. La musique n’a pas besoin de support image à la base. Chacun devrait pouvoir se faire son propre film dans sa tête à l’écoute d’un morceau. Si tu as vingt auditeurs qui écoutent ta chanson, tu auras vingt films différents. Si tu en as vingt mille, tu auras vingt mille films différents. Mais puisque la donne a changé et que l’être humain dit moderne et connecté regarde la musique plutôt que d’écouter… eh bien, il faut de l’image. Pourquoi sommes-nous tous devenus des crétins connectés rivés sur nos écrans ? Je ne le comprends pas ! Alors autant considérer le clip comme une vision momentanée de ce que pourrait être la chanson et autant la donner soi-même et en être fier. Le clip est juste une interprétation personnelle d’une chanson. C’est un exercice très délicat et difficile, mais qui est intéressant tout de même. J’aimerais y consacrer plus de temps, et apprendre aussi, mieux connaitre cet art visuel. Tu sais, je viens d’une famille d’artistes, de peintres, etc… donc c’est dans mes gênes aussi (sourire).

Romain Humeau © Gina Fernandez

Comme tu me le disais tout à l’heure, la langue anglaise apporte à « Tryin’ to be a girl » une légèreté apparente. Quand tu écris une chanson, qu’est-ce qui te fait partir sur de l’anglais ou du français ? La rythmique et la phonétique pures des mots ou plutôt le thème de la chanson en lui-même ?

La plupart du temps, ça vient d’une mélodie et d’un yaourt qui ne peut pas se transposer en français. Parfois, c’est aussi parce que j’ai le titre en anglais directement, mais c’est plus rare. Le français comporte des plosives et des transitoires qui rendent les attaques plus dures. Je les utilise, à ma manière, quand je chante en français, mais parfois, ça ne rentre pas. Sur un texte comme « Sauve-toi, Sauve-moi », par exemple, ça colle parfaitement, ça sert la chanson, mais ce n’est pas toujours le cas.  Il y a aussi les diphtongues en anglais qui ouvrent tout un champ de possibles.

Il y a aussi une différence entre ta langue maternelle, que tu maîtrises parfaitement, et une langue apprise.

C’est exact. L’anglais, je le maîtrise assez mal. Je parle anglais mais pas très bien. Mon lexique est beaucoup plus modeste, par contre ma palette d’émotions, elle, reste la même. Quand j’écris en anglais, l’exercice est « comment transcrire des émotions précises avec peu de moyens ? » Et ça, ça m’intéresse. Du coup, c’est un autre moi qui apparaît avec l’anglais. Ce n’est pas la langue en elle-même qui me le permet mais mon incapacité à être très précis dans cette langue, le fait de ne pas être très aguerri dans la métaphore. En Français, il n’y a aucun mot que j’écrive qui soit gratuit. J’ai pu le faire au début, mais plus maintenant. Souvent, on me dit qu’on ne comprend pas tout ce que je veux dire… je l’assure, il n’y a rien de gratuit dans aucun mot. Chacun est choisi et a une signification. Après, je laisse les gens avoir l’envie de gratter ou pas. Certains chanteurs s’évertuent à expliquer leurs textes, je pourrais le faire, mais je n’en ai pas envie, je préfère que l’auditeur soit charmé dans un premier temps par une poésie proposée. Ce n’est qu’après qu’on peut rentrer dans le détail de ce qui est écrit. Alors qu’en anglais, j’utilise des mots standards que tout le monde peut comprendre assez simplement.

Je me demande parfois si l’espèce humaine n’est pas le vrai virus sur cette terre !

Quand j’ai écouté « Echos », je me suis fait la réflexion qu’il était ancré dans le présent, et qu’il faisait comme un écho, justement, à « Stupor Machine » qui, lui, était un album futuriste dans sa conception. Était-ce une volonté de ta part ou est-ce la réunion de ces chansons qui datent d’époques différentes qui donne cette impression-là ?

J’avais pas pensé à ça, tiens… (sourire) Peut-être le fait que toutes ces chansons écrites à des époques différentes recréent un présent ?… Bonne question ! Je n’en sais rien. Je ne suis pas assez analytique sur l’album et je n’y ai pas réfléchi à vrai dire. Ce qui est sûr que j’étais en plein dans « Echos » quand on enregistrait « Stupor Machine », et que, comme toujours, comme je travaille en réaction, « Echos » est une réaction à « Stupor Machine ». Ce qui est certain, c’est que des titres comme « Sauve-toi, Sauve-moi », « Echos », « Pretty Girls », « Odyssée » traitent des mêmes sujets que « Stupor Machine », mais sous un axe complètement différent. « Echos », je l’ai écrite en même temps que « Big Data », en réaction. Une chanson comme « Odyssée » qui est assez crue, c’est presque une chanson populiste, antisystème. J’aime bien proposer le bâton pour me faire battre, parce que c’est à ce moment-là qu’on va pouvoir parler et discuter.

Romain Humeau © Yann Orhan

Comme tu me l’as dit en début d’interview, « Echos » est un album de transition. La suite, c’est quoi ?

Il y a beaucoup de projets sur le feu en ce moment, j’ai des envies folles musicalement parlant, un album de soul, un album « chapelle » enregistré en live… J’ai écrit beaucoup de chansons, au moins 70 qui peuvent faire le corps de trois albums très différents les uns des autres. Je vais attendre 2021 pour les laisser mûrir un peu. Parallèlement, j’ai la promo de « Echos », et vu le contexte, il est très difficile de le faire exister. Dans l’idéal, j’aimerais le tourner en 2021, pendant que j’enregistre les autres albums sous mon nom. Par ailleurs, j’ai reçu une super commande, on me propose de faire des musiques pour une série qui sera diffusée sur Arte, qui retrace des luttes sociales, et ça me passionne. Et puis, il y a un nouveau projet avec Bernard Lavilliers aussi, mais c’est un peu trop tôt pour en parler. Disons que je m’offre le luxe de ne pas faire la pute. Je me lance uniquement dans des projets qui m’animent et me plaisent.

Difficile d’en parler aujourd’hui, mais comment envisages-tu la tournée de « Echos » en 2021 ?

Il nous restait une vingtaine de dates avec Eiffel, il en reste huit. Mais jouer dans des salles de 1000 places limitées à 200 avec des gens assis, espacés chacun de quatre sièges et masqués par-dessus le marché… il n’y a rien de sexy là-dedans. Je préférerais ne pas les faire personnellement… mais bon. Par contre, avec « Echos », j’avais toujours prévu de tourner à partir de 2021. Je vais commencer dans une configuration seul guitare/voix en Belgique, puis en France. Ce sera dans de petits endroits, ce qui est plutôt pas mal avec les restrictions actuelles, c’est plus souple. Après, on partira avec mon groupe de scène (Estelle, Hugo Cechosz, Guillaume Marceau et moi-même). Là, ce seront de plus grosses salles. J’espère qu’on pourra jouer. On verra ! Il y a tant d’incertitudes face à l’avenir aujourd’hui. Personne ne sait où on va.

Sans jouer les Nostradamus, l’avenir, mais pas forcément demain, tu le vois comment, justement ?

Je suis dans un avenir complètement noir. Je suis un gars déprimé, moi ! Enfin, pas déprimé, mais très pessimiste sur la nature humaine. J’adore les gens, l’humour potache, je suis un gars qui aime bien bien bouffer et rigoler… En même temps, je me rends compte que je deviens de plus en plus misanthrope. Du moins, quand je vois l’espèce humaine par le prisme des médias, pas quand je suis avec mes potos. Putain, je me demande parfois si l’espèce humaine n’est pas le vrai virus sur cette terre !

Propos recueillis par Luc Dehon le 18 septembre 2020.
Photos : Marie d’Angleville, Benoît Peverelli, Yann Orhan, Gina Fernandez

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Author: Luc Dehon