Sutja Gutiérrez : « Phylax Society » vendredi

Sutja Gutiérrez, Phylax Society

L’excellent Sutja Gutierrez publiera vendredi « Phylax Society », son nouvel album.

Après la publication d’un premier opus solo intitulé « Cult & Truth » en 2014 suivi d’un EP (« The Legend of Time » en 2017, des collaborations avec AFFKT (« The Show », « Someone in the sky »), Edu Imbernon (« Mystery Inside ») ou NAOME (« Belly of the Beast »), l’animation de Rational Anthem sur les ondes de Dublad ES et la participation régulière à The Ransome Note (Sutja’s Metaphysical Circus), Sutja Gutiérrez (par ailleurs membre de The Frushstucks) remet le couvert ce vendredi avec « Phylax Society ».

Musicien polymorphe espagnol de génie, Sutja Gutiérrez a réussi à capter mieux que quiconque les ondes de son époque, « Phylax Society » en étant la parfaite anamorphose, à mi-chemin entre l’analogique, l’électronique et l’organique. Sa musique échappe à toute logique, sauf peut-être à la sienne, celle d’un artiste un peu perché mais ultra conscient. Aware diraient certains. Des voix venues d’un vortex déconcertant (« Always is Always 4ever ») et les aboiements d’un chien (« Brown to Hazel ») côtoient un harmonica qui nous rappelle le blues dans lequel notre époque succombe (« Same old blues »). Des rythmes psychédéliques (« Rainbow ») ou quasi tribaux servis par des incantations baroques (« Busca, Busca ») offrent ici une plongée sonore dans les abysses d’une société carrément déboussolée et parfois incompréhensible. À l’image de l’opus d’ailleurs. Et c’est là qu’est son prodige.

Peut-on seulement saisir le sens de « Phylax Society » ? Pas certain. Et qu’importe puisque nous avons ici le flacon et l’ivresse. Celle d’écouter un opus qui s’affranchit avec bonheur des diktats de l’industrie musicale. Et rien que ça, c’est devenu tellement rare de nos jours, que ç’en est plus que jouissif.

Author: Luc Dehon