Interview d’Aurélie Cabrel – Zélie la pirate

« Zélie la pirate », le livre audio d'Aurélie Cabrel

Aurélie Cabrel, Esthen Dehut, Olivier Daguerre et Bruno Garcia viennent de publier en livre-disque le conte musical « Zélie la Pirate », mis en images par Aurélie Cabrel et Guylaine Lafleur. Séduits par ce projet destiné à la jeunesse, mais moderne et pas infantilisant, nous avons contacté Aurélie Cabrel afin d’en savoir un peu plus sur la facétieuse Zélie et évoquer également les projets du label Baboo Music.

Quand et de quelle envie est né ce projet de « Zélie la Pirate » ?

« Zélie » est un projet qui est né il y a quatre ans maintenant. J’étais à la recherche pour ma fille d’un conte musical comme j’avais la chance d’en avoir lorsque j’étais enfant. Je cherchais un livre avec un CD pour que ma fille puisse découvrir tous les aspects d’un conte : une histoire, de la musique, des illustrations, de la lecture… Et je n’ai pas forcément trouvé ce que je cherchais. Vu qu’avec son papa nous sommes à la tête d’un label musical, je me suis dit que c’était l’occasion de monter un tel projet jeune public nous-mêmes. On a donc fait appel à deux copains à nous, Olivier Daguerre et Bruno Garcia, et nous sommes partis tous les quatre dans l’idée d’écrire un conte musical. Et c’est à partir de ce moment-là que nous avons commencé à y réfléchir…

Dès le départ, l’envie était donc que ce soit un projet collectif, voire familial, ai-je envie de dire, puisque ce sont des artistes avec qui vous avez l’habitude de travailler et, avant tout, la famille et des amis.

Complètement. C’était une évidence. Vous savez, Esthen et moi, on aime travailler comme ça. Ça fait partie de notre état d’esprit et notre façon de voir la musique. La partager avec les gens qu’on aime et les gens talentueux qui nous entourent. Du coup, c’était effectivement évident pour nous que cette aventure devait être collective. On voulait aussi que ce soit une histoire de parité. Et ça, j’y tiens. « Zélie la pirate », c’est une histoire dans laquelle nous avons tous mis la même énergie. Tout le monde a écrit le même nombre de mots, a eu le même nombre d’idées. Toute cette histoire a été écrite et créée dans un esprit de tranquillité, de sérénité et de bienveillance commune. Rien qu’en ça, c’est un magnifique projet.

Zélie la pirate © Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur
Zélie la pirate © Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur

Quelle est la première pierre de ce projet ? Le personnage de Zélie ? Un autre personnage ? L’histoire en elle-même ? Un dessin ?

La toute première pierre a été l’idée de la piraterie. On voulait partir du principe que ce conte s’adresserait autant aux petites filles qu’aux petits garçons. C’est terrible ce que je vais vous dire, mais dans la littérature destinée au jeune public, les univers sont ultra définis. Il y a les Pirates, les cow-boys, les fées, les princesses… tout est très défini. Nous avons donc dû faire un choix de base, et ce choix s’est porté sur la piraterie. De suite, nous nous sommes dit que la piraterie était un monde plus « masculin », et pour amener cette touche féminine et toucher aussi les petites filles, nous avons tout de suite pensé à articuler l’histoire autour d’une héroïne.

Enfant, étiez-vous fascinée par la piraterie ?

Justement… et c’est ça qui est dingue… pas du tout ! Mais pas du tout, du tout ! (rires) C’est aussi ça qui me passionne et me motive dans ce projet, c’est que je découvre chaque jour ce monde de la piraterie. Aujourd’hui, j’en connais un peu plus, évidemment, mais je découvre encore plein de choses. Pour écrire une histoire qui tienne la route, il faut se documenter un minimum et connaître son sujet. Et depuis que je travaille sur « Zélie », j’ai appris tout un tas de choses autour de ce monde de la piraterie que je ne connaissais pas du tout. Petite fille… j’étais la vraie petite fille… j’aimais les princesses, les danseuses… mon champ des possibles était très limité. J’étais la petite fille très classique qui rêvait d’avoir des pouvoirs magiques et se transformer en fée. (sourire)

Qui est Zélie ?

Zélie est une petite fille de quinze ans qui est née dans une famille de pirates. Pourquoi quinze ans, me direz-vous ? Parce qu’à nos yeux, c’était l’âge de toutes les premières fois. Zélie, dans ce premier chapitre, veut être pirate alors que ses parents ne sont pas très enthousiastes à cette idée. C’est un monde plutôt violent, et ses parents préféreraient qu’elle ne s’y frotte pas… Sauf que Zélie a un caractère hyper affirmé et, en même temps, le cœur d’une jeune fille de quinze ans. Elle va donc tomber amoureuse d’un membre de l’équipage. Elle va connaître ses premières désillusions, comme on peut en rencontrer quand on est enfant ou ado. Elle va devoir s’affirmer et affronter le monde extérieur, suivre aussi sa voix intérieure et ses convictions. Zélie, c’est une petite fille qui a son caractère et qui est très touchante. Et surtout, elle est très moderne. En tout cas, nous avons voulu qu’elle ait cette modernité de 2020, mais avec des codes, une morale et des valeurs qui sont celles que nos parents nous ont donnés. On voulait absolument faire ce parallèle. Par exemple, on ne trouve aucun gros mot, on reste sur un langage assez soutenu. On voulait aussi montrer qu’on pouvait raconter l’histoire d’une petite fille qui savait exactement qui elle était, sans être dans le trash qu’on voit beaucoup trop aujourd’hui. Ça reste mon opinion personnelle de maman, mais je trouve que le trop plein de violence, et le trop plein de tout d’ailleurs, est trop présent à l’heure actuelle dans le monde de l’enfance.

Charles de la Mare de l'Etang Sec, Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur
Charles de la Mare de l’Etang Sec, Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur

En parlant de trash et de l’ultra violence qui nous entoure, le vilain de l’histoire, Charles de la Mare de l’Étang Sec, n’est pas un véritable méchant. Il est plus bête que méchant, il n’est en tout cas pas violent.

Exactement. Nous avions le souhait de ne pas avoir de « vrai méchant » dans cette histoire. Je vais vous en donner la raison, qui est toute simple. Un jour, une de mes filles qui devait avoir cinq ans m’a dit « Maman, j’en ai marre. Pourquoi dans les dessins animés y a-t-il toujours des méchants ? » Je lui ai donc expliqué que si les méchants n’existaient pas, les gentils n’existeraient pas non plus. Si le mal n’existe pas, le bien n’existe pas. On est dans une espèce d’éducation hyper basique, nous sommes d’accord (rires), mais il y a un fond de réalité là-dessous. Et avec tout ce que les enfants sont en train de se prendre en pleine face en ce moment, la peur qui se répand partout, que ce soit la violence ou ce satané virus, nous nous sommes demandé, vu que nous sommes tous parents, si le méchant de l’histoire devait être vraiment méchant. Eh bien non ! On peut expliquer aussi aux enfants que quelqu’un de mauvais peut aussi être quelqu’un d’imbu de sa personne, quelqu’un de perfide, quelqu’un qui veut arriver à ses fins sans faire attention aux autres, etc… Un méchant ne doit pas être forcément violent. Parce qu’en fait, la méchanceté, ce n’est pas que ça. On n’est pas obligé de se prendre un coup ou une baffe pour avoir mal. Au contraire, un mot ou un regard peuvent faire autant de mal au quotidien. Donc, nous n’avions pas envie que le « méchant » soit quelqu’un de violent, on avait plus envie de le rendre bête (sourire). Parce que la bêtise peut être quelque chose de terrible…

« Nous n’avions pas envie que le « méchant » soit quelqu’un de violent, on avait plus envie de le rendre bête. Parce que la bêtise peut être quelque chose de terrible… »

Aurélie Cabrel

Vous avez créé le personnage de Zélie, vous êtes la seule fille de la bande, et pourtant vous ne l’incarnez pas. Pourquoi ?

C’est vrai, je suis la fille de la bande… D’ailleurs, regardez aujourd’hui, mes copains, ils m’envoient au front pour répondre à vos questions ! (éclats de rires) Et c’est comme ça depuis le début de la promo ! Il n’y a pas un des garçons qui se soit proposé pour faire la promo !!! (rires) Trêve de plaisanterie, si je ne l’incarne pas, c’est parce que je fais déjà pas mal de choses sur ce projet, avec mes copains, bien entendu : l’écriture, la composition, l’enregistrement, le casting des voix, la production et l’édition avec Esthen, la fabrication, la distribution… On a tout fait de A à Z. Et je pense qu’à un moment donné, on ne peut pas tout faire, ce n’est pas possible. Être à tous les postes pourrait saboter un projet. Je le pense vraiment. Ce qui fait la réussite de l’audio de ce livre, c’est bien entendu la musique, mais ce sont aussi les voix des personnages, très caractéristiques. Et ces voix très identifiables, on ne les trouve que chez les comédiens, ces gens qui jouent la comédie, et qui, en plus, savent chanter. C’est très rare. Autant il y a plein de choses que je me sens capable de faire, autant, ça, j’en serais incapable. Je n’ai pas cette âme de comédienne chanteuse. Et puis, très honnêtement, vous imaginez Zélie sur le Pont de l’Aramacao avec mon accent du Sud-Ouest ? (éclats de rires) Non, ce n’aurait pas été possible ! Pas du tout !

Qu’est-ce qui vous a inspiré ce prénom assez peu courant ?

Nous cherchions depuis un moment, à vrai dire. Nous ne voulions pas un prénom trop courant, et quand nous sommes tombés sur le prénom de Zélie, ça a été comme une évidence. Le « Zé », c’est une exclamation, c’est une sonorité rapide assez forte et hyper identitaire. Et puis le « lie » qui suit apporte une douceur. Quand on y réfléchit, la consonance de Zélie définit à elle-seule un caractère, et en l’occurrence le caractère de Zélie, avec cet élan, cette fougue, et cette douceur qui s’accorde avec sa façon de croquer la vie.

Au niveau du travail, comment ça s’est passé entre l’écriture de l’histoire, des chansons, les dessins ?…

Nous avons fait cinq résidences durant lesquelles nous étions en totale immersion, enfermés pendant plusieurs jours, comme nous le sommes actuellement d’ailleurs, pour l’écriture du chapitre deux. Nous vivons tous ensemble toute la journée. Du matin au soir, on fait tout ensemble, on mange ensemble, on écrit ensemble, on pense ensemble, on rigole ensemble, on se repose ensemble… On ne pense que création pendant plusieurs jours, et cela, en totale immersion. Durant la première résidence, on a esquissé le squelette de l’histoire. Où est-on ? Où va-t-on ? Combien de personnages ? Qui sont ces personnages ? Même si on ne voit qu’une infime partie du caractère d’un personnage dans le livre, il faut en amont l’avoir développé complètement, lui avoir créé une véritable identité. La deuxième résidence a été consacrée à toute la narration et aux dialogues. Nous avons vraiment détaillé l’histoire lors de cette deuxième session de travail. Sur la troisième et la quatrième résidence, on a travaillé sur tout ce qui était musique et textes qui sont venus se glisser dans la narration. Et lors de la dernière résidence, on a remis tout ensemble. On a rectifié les incohérences qu’il pouvait y avoir, on a peaufiné tout le projet avant de rentrer en studio.

C’est un projet qui est destiné aux enfants, évidemment, mais avez-vous pensé pendant sa création aux parents allaient peut-être le lire, l’écouter, le relire et le réécouter une vingtaine de fois ?

(sourire) On a beaucoup pensé aux parents parce que comme je vous l’expliquais tout à l’heure, nous sommes tous parents et d’expérience, nous savons que lorsqu’un enfant aime un projet, ce n’est pas dix ni vingt ni cinquante, mais des centaines de fois qu’il faut lui lire ou lui raconter l’histoire. Sur la route des vacances, tous les dimanches après-midi, tous les soirs avant de se coucher… Les enfants ont ce besoin de répétition quand ils aiment quelque chose. Ma fille, par exemple, a adoré un dessin animé incroyablement fabuleux qui s’appelle « Ballerina » et pendant trois ans et demi, elle a regardé « Ballerina » au moins quatre fois par semaine, parce qu’un enfant, lorsqu’il aime une histoire, il est exclusif. Donc, oui, on a vraiment pensé aux parents pendant l’écriture. Il fallait que l’histoire puisse leur parler aussi. Et nous sommes heureux parce que maintenant que « Zélie » commence à rentrer dans les foyers et les familles, nous avons des retours des parents et des grands-parents qui nous disent que même eux ont du plaisir à écouter et réécouter cette histoire. Ils écoutent « Zélie » comme s’ils écoutaient un album de chanson française. Et donc, c’est un pari que nous avons relevé et nous en sommes super contents. C’est une fierté. Et je vais même aller plus loin… mes enfants n’écoutent plus que « Zélie ». Elle tourne en boucle à la maison, cette « Zélie »… et je n’en ai pas encore marre ! Ouf ! (rires)

En plus de l’avoir créée, vous connaissez donc l’histoire parfaitement, maintenant.

Ah oui, je suis imbattable ! (rires) Je pense que si on me propose un quizz « Zélie la pirate »… je suis la gagnante !

Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur
Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur

Les enfants sont effectivement exclusifs quand ils aiment quelque chose. L’étiez-vous, vous aussi ? Et quelles étaient les histoires dont vous raffoliez ?

Quand j’étais petite, j’ai toujours été une mangeuse de livres. Je suis d’ailleurs aujourd’hui encore une grande lectrice. J’étais beaucoup dans les « Martine ». J’avais toute la collection. Mes parents achetaient les histoires de Martine au compte-goutte quand elles sortaient, et j’en étais dingue ! J’adorais ça. En lecture, je suis passée aussi forcément par les « Oui-Oui ». C’est d’ailleurs je pense, mes premiers souvenirs de lecture. Plus tard, j’ai beaucoup aimé « Tintin ». « Les Triplés », aussi. Et puis, et là, pour le coup on n’est plus dans la narration mais dans l’image, j’adorais « Où est Charlie ? ». Il fallait retrouver un petit bonhomme habillé en blanc et rouge. J’ai passé des heures avec mon père à chercher Charlie… (sourire) En ce qui concerne la musique, j’étais à fond dans les Henri Dès, Chantal Goya, Dorothée… Et mon père m’avait fait découvrir Les frères Jacques. Ah la la !… Les Frères Jacques ! Je pense que je suis la plus grande fan de leur chanson « La Confiture ». Je dois être une de celles qui l’a écoutée le plus de fois ! (éclats de rire)

« Zélie est une petite fille qui a son caractère, mais très touchante et très moderne. Nous avons voulu qu’elle ait cette modernité de 2020, mais avec des codes, une morale et des valeurs qui sont celles que nos parents nous ont donnés. »

Aurélie Cabrel

Votre papa joue de la guitare sur « Zélie la pirate », et il en a écrit la préface. C’était important que votre papa, et non finalement l’artiste Francis Cabrel, même si c’est de lui dont il s’agit, soit présent sur ce projet ?

C’était effectivement important que mon papa soit là. Au même titre que c’est important à mes yeux d’avoir mené à bien ce projet avec mon chéri et mes amis. Vous savez, ici, on vit sur un grand domaine. On vit un peu tout le temps les uns avec les autres. Tout ce qui se passe entre nous est d’une simplicité déconcertante. Mon père passe à la maison voir ses petits-enfants, il passe au studio pour dire bonjour à son beau-fils et sa fille. Mon père, c’est mon père avant tout. Et en l’occurrence, il est passé un jour au studio et il s’avère que nous avions une guitare à faire et il s’est proposé. Il l’a enregistrée et puis il est reparti. C’est aussi simple que ça. Après, « Zélie la pirate », c’est tout de même le premier livre de ma vie, donc je le lui ai fait lire et il a beaucoup aimé l’histoire. Et un jour, tout naturellement, je lui ai demandé « Eh papa, t’en penses quoi de la préface ? C’est important pour les livres pour enfants ? C’est opportun ? Est-ce que tu penses que je devrais en écrire une ? » Sur ce, il m’a dit qu’il allait m’en écrire une. Deux jours après, je recevais un mail de sa part avec juste marqué dessus « Voilà ma préface, gros bisous », avec la pudeur et la simplicité qu’on lui connaît. C’est d’ailleurs pour ça qu’on l’aime autant, je pense. Vous savez, autant en tant que chanteuse, j’ai toujours été cataloguée comme la fille de mon père. C’est un peu toute l’histoire de ma vie… (sourire), autant là, avec cette préface, c’était important qu’il figure sur ce livre, oui mais dans le sens « transmission papa/fille », pas dans le sens « Cabrel », même si nous sommes lui et moi des Cabrel (sourire). C’est un peu la transmission d’un papa qui racontait des histoires à sa fille quand elle était enfant, et aujourd’hui, c’est elle qui en raconte pour ses enfants… On est loin de tout ce qu’on a toujours pu dire et voulu me faire dire, surtout.

Il vous racontait beaucoup d’histoires ?

Ouh là là, vous n’imaginez même pas ! Il nous racontait de super histoires à mes sœurs et moi. Ça fait des années que je lui dis qu’il devrait les écrire, ses histoires, parce qu’elles étaient géniales. J’ai tellement rêvé de ses histoires ! C’était non seulement un bon papa, mais aussi un excellent conteur d’histoires.

Hashtag, Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur
Hashtag, Zélie la pirate @ Aurélie Cabrel, Guylaine Lafleur

Un mot sur le personnage d’Hashtag. Il y a un désarroi terrible quand Hashtag disparaît de l’histoire. Je n’ai pu ne pas faire un parallèle avec notre époque. Imaginez-vous un monde sans # ?

Je suis une bille pour parler de # et de tout ça… Je n’y connais rien. Pour la petite histoire, nous avons commencé à écrire l’histoire il y a quatre ans. Et à cette époque, le # n’existait pas. Enfin, si, on avait le # sur le clavier d’ordinateur et le Dièse sur le téléphone, mais notre monde n’était pas pollué par tous ces #ci et #ça.  Donc, un monde sans # me conviendrait totalement. (rires) Je ne conçois pas les choses comme ça. On avance dans un monde où tout est surfait, le #, c’est le lien permanent. J’ai une anecdote d’ailleurs à ce sujet. Pendant le premier confinement, avec notre label de production Baboo Music, nous avons posté sur nos réseaux sociaux une chanson que mon père reprenait chaque jour. On m’a tanné en me disant que je devais ajouter à chaque publication #RestonsChezNous. Mais il n’en était pas question ! On ne mettait rien du tout. Point. Si les gens veulent trouver Francis Cabrel qui offre une chanson par jour à son public, ils le trouveront. J’en ai marre de ces liens permanents. Il faut être partout en permanence, ultra présent. On vit dans une société où on ne supporte plus le manque de rien. C’est en tout cas quelque chose qui ne me ressemble pas. Donc, un monde sans #, j’en serais la plus contente !  (sourire)

Les aventures de « Zélie la pirate » ont-elles vocation à aller sur scène ? À se décliner en une série d’animation ?

Quand le chapitre 1 est paru, il nous est apparu rapidement évident que Zélie pourrait aller sur scène. Déjà, parce qu’on avait envie de voir les personnages prendre vie. Bouger. Danser. Sauter… Et tous les retours que nous avons reçus, que ce soit des gens du métier ou du public, allaient dans ce sens. Donc, oui, je pense qu’une des prochaines étapes, ce sera « Zélie » sur scène. Dans un futur assez proche, je l’espère. Du moins dès que la culture pourra reprendre sa place… Et pourquoi pas un long métrage d’animation ? Un dessin animé, ce serait mon rêve. En tout cas, nous sommes en plein dans l’écriture du chapitre 2…

Avant de vous quitter, un petit mot sur votre label Baboo Music. Quels sont les projets qui vous animent en ce moment ?

Baboo est un label de production et d’éditions musicales et littéraires, du coup, maintenant. C’est un label à taille humaine, nous en sommes très fiers et nous le revendiquons. Lors du premier confinement, nous avons signé un jeune artiste qui s’appelle Allan Védé. C’est un jeune gars de 26 ans… enfin, jeune… plus tout jeune tout de même ! (rires) C’est en tout cas un beau p’tit mec ultra souriant et hyper talentueux, auteur, compositeur et interprète. Il fait pas mal de programmations musicales aussi. En plus de son talent, humainement, c’est quelqu’un de fantastique. On a eu un réel coup de cœur, et nous l’avons signé… confinés ! Nous ne nous sommes rencontrés seulement quelques mois après la signature, chose qui n’arrive jamais. Là, il vient de publier un premier single « Rayons d’or ». Il a reçu un très joli accueil et j’en suis heureuse parce que c’est vraiment quelqu’un qui le mérite. Il y a plein de très bons artistes, mais très peu de vrais artistes. Quand je dis « vrais », je pense à ceux qui font ça par amour et par passion, à 100% dans l’honnêteté des choses. Allan fait partie de ceux-là. Je l’aime beaucoup ! Et puis, en 2021, nous avons un artiste franco-brésilien absolument génial qui va sortir un album. Il s’appelle Mayu. Il est sur une musique trio jazz française avec quelques sonorités brésiliennes, et surtout, son histoire est très touchante. Mayu est un homme aujourd’hui, mais il a été un enfant qui a grandi au Brésil et qui raconte aujourd’hui les états d’âme d’un enfant qui a grandi dans un pays où tout n’est pas toujours aussi simple…

Propos recueillis par Luc Dehon le 7 décembre 2020.
Illustrations : Aurélie Cabrel & Guylaine Lafleur

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Author: Luc Dehon