Jane Birkin, Oh ! Pardon tu dormais…

Jane Birkin, Oh ! Pardon tu dormais…

Jane Birkin publie aujourd’hui « Oh ! Pardon tu dormais… » son nouvel album concocté avec Etienne Daho. Il est splendide.

Douze années ont passé depuis la publication de « Enfants d’hiver », le premier album de l’artiste dont elle signait les textes. Après le projet « Birkin / Gainsbourg : le symphonique », Jane Birkin revient avec « Oh ! Pardon tu dormais… », un album créé avec la complicité d’Etienne Daho sur lequel elle écrit une nouvelle fois tous les textes.

Les racines de « Oh ! Pardon tu dormais… » sont à aller chercher il y a près de trente ans. En 1992, Jane Birkin réalisait pour Arte une fiction du même nom. 1999, l’artiste montait sur la scène du Théâtre de la Gaîté Montparnasse avec une adaptation pour la scène de cette même fiction mise en scène par Xavier Durringer. Un spectateur récurrent dans la salle : Etienne Daho qui, depuis vingt ans, encourage Jane Birkin à mettre en musique les textes de « Oh ! Pardon tu dormais.. ». Ce projet qui aura mis longtemps à voir le jour, paraît aujourd’hui. Bien entendu, le temps a passé et la vie a fait son œuvre. Les textes de « Oh ! Pardon tu dormais… » ont été remaniés et augmentés pour cette adaptation musicale enregistrée avec l’orchestre National d’Île-de-France.

C’est un album au propos particulièrement dur, parfois acide, que Jane Birkin livre aujourd’hui. De sa voix douce, l’artiste débite le sentiment amoureux avec des textes au cordeau et des mots affutés. Daho teint ici de noir et de couleurs pop symphoniques ombreuses des textes qui évoquent essentiellement, sans artifices et sans ambages, l’amour, l’anamour et le désamour. La rêverie et les cauchemars aussi. Et les fantômes. Omniprésents, sans jamais être pesants. L’artiste pose des mots parfois violents sur des épisodes de sa vie comme ce cinglant « Ma fille s’est foute en l’air » qui ouvre « Cigarettes ».

La messe est dite : Birkin et Daho ont créé un chef-d’œuvre. Noir et sublime.

Author: Luc Dehon