Interview – Rencontre avec Agustin Galiana

Agustin Galiana © Sylvie Bessou

Agustin Galiana est sur tous les fronts. Son album « Plein Soleil » paru l’été dernier a bénéficié d’une édition augmentée en fin d’année, on peut le retrouver tous les jours dans la fiction de TF1 « ici tout commence », il vient de terminer le tournage d’une nouvelle saison de « Clem », et il devrait repartir très prochainement en tournée. Nous l’avons donc contacté afin d’en savoir un peu plus sur ses différents projets, et aussi, savoir comment il vivait la situation assez délicate dans laquelle nous nous trouvons tous aujourd’hui. Rencontre avec un artiste solaire et un peu fou…

La sortie de « Plein Soleil » a été un peu bousculée l’année dernière…

Oui, on peut le dire ! « Plein Soleil » était enregistré depuis la fin du mois de janvier, il devait sortir fin avril. La situation sanitaire a fait que le 13 mars, tout a été bloqué. On a donc décalé la sortie. On avait tourné le clip de « Duel au soleil » en corse au mois de février. Nous étions partis là-bas pour qu’il fasse un peu chaud… puisqu’on voulait faire un truc très été sur la plage, dans la piscine, etc… Je me suis gelé le *** comme pas possible… tout ça pour le sortir juste après l’été ! (éclats de rires) Donc, oui, toute cette sortie a été un peu bizarre et l’organisation un peu foirée par l’arrivée de cette Covid ! Mais voilà, c’est comme ça, nous nous sommes adaptés à la situation. On n’avait pas le choix de toute façon, on a fait ce qu’on a pu.

Agustin Galiana, Plein Soleil
Agustin Galiana, Plein Soleil

Ce projet de reprises, il est né de quelle envie ? Avoir un peu plus de matière pour la scène ?

C’est ça. Cet album, il est finalement né un peu par hasard. J’étais en train de préparer ma setlist pour ma tournée, et comme je n’avais que 14 titres sur mon premier album, c’était un peu court pour aller sur scène. Il fallait que j’ajoute quelques chansons pour faire un vrai bon concert d’une vingtaine de titres. Du coup, plutôt que d’apprendre et travailler des chansons que je ne connaissais pas, je me suis dit que ce serait intéressant de prendre des chansons que je connaissais déjà. Et en l’occurrence des chansons que j’avais écoutées lorsque j’ai appris le français quand je suis arrivé en France il y a huit ans. J’ai donc soumis cette idée à ma maison de disques, ils l’ont trouvée bonne et on est parti là-dessus. J’en ai été heureux parce que ce sont des chansons que j’aime beaucoup. Comme je te le disais, c’est grâce à elles, pas toutes, mais beaucoup, que j’ai appris la langue française. Du coup, elles sont particulières pour moi. Ce sont un peu mes madeleines de Proust. (sourire) Les chanter sur scène et rendre à ma manière un petit hommage aux auteurs / chanteurs / compositeurs de ces chansons, c’était important pour moi.

« Oui, je suis un Espagnol un peu fou, et j’assume ! »

Agustin Galiana

C’est toi qui as choisi toutes les chansons ?

Pas toutes. Je ne te cache pas que ma maison de disques m’a fait quelques propositions, que j’ai validées, ou pas.

Lesquelles ?

Par exemple « L’amour à la plage » de Niagara. Je vais t’avouer que je ne connaissais pas cette chanson, mais que quand on me l’a faite écouter, je l’ai tout de suite beaucoup aimée. C’était un bon choix qui collait bien avec l’ambiance de l’album. C’est une chanson qui parle d’amour, de plage, de soleil…

Comme tu m’en parles, j’ai été étonné de te voir reprendre « L’amour à la plage » de Niagara et « Duel au soleil » de Daho qui sont des fleurons de la pop rennaise… moins solaire et sudiste et plus synthétique, peut-être même un peu 80’s. Et c’est un registre qui te va bien, je trouve. Une piste pour un prochain album ?

Pas forcément. Même si c’est une musique que j’aime, qui m’attire et que j’écoute, je ne me vois en faire un album. Ces deux chansons, en l’occurrence, ce sont des titres dont j’ai aimé le propos et le rythme. C’est ça qui m’a plu dans ces titres. « Duel au soleil », j’en ai d’ailleurs fait une version très différente de celle de Daho. Elle prend du sens parce qu’il y a beaucoup de sonorités espagnoles dedans, et un rythme plus pêchu. J’ai essayé d’emmener ces chansons dans mon univers d’une certaine manière. Faire la même version qu’Etienne Daho n’aurait eu aucun sens. C’est comme « Le soleil donne » de Laurent Voulzy, la partie en anglais, je l’ai traduite en espagnol pour en faire une version franco-espagnole qui correspondait mieux à mon style.

« J’aime bien faire passer des messages, au travers des chansons que je choisis ou des personnages que je joue »

Agustin Galiana

Il y a une très belle reprise de « La corrida » de Francis Cabrel. Pourquoi cette chanson en particulier ?

Déjà parce que j’adore Francis Cabrel. J’adore son univers, ses chansons, la manière dont il les amène. C’est un artiste que j’aime beaucoup. Après, techniquement, « La corrida », dans sa tessiture et ses modulations, c’était une chanson qui m’allait bien, du moins avec laquelle je me sentais à l’aise. Après, il y a aussi évidemment le propos de la chanson. C’est une chanson que je ne connaissais pas et que j’ai appris à connaître dans mes cours de français. Le message de cette chanson est poignant. Et comme je n’aime pas tuer ni faire souffrir les animaux, je trouvais que c’était une bonne idée de la reprendre. Si ça peut apporter ma pierre pour la cause animale, ce sera bien. En tant qu’Espagnol, j’espère que le message a du sens. Tu sais, que ce soit quand je chante une chanson ou quand je joue un personnage, je ne chante pas pour chanter, ni ne joue pour jouer, j’aime bien faire passer des messages, au travers des chansons que je choisis ou des personnages que je joue. Si nous pouvons sensibiliser les gens à différentes choses, nous artistes, c’est pas mal. C’est une des raisons pour lesquelles je fais ce métier. Après, je ne me pose pas en donneur de leçons, je respecte les gens qui aiment la corrida, ça n’a rien à voir.

Agustin Galiana © Sylvie Bessou
Agustin Galiana © Sylvie Bessou

Tu as repris lors de ton concert à l’Alhambra « Alfonsina y el mar » de Mercedes Sosa qui a été popularisée chez nous par Maurane et Nicole Rieu, notamment. Pourquoi ne figure-t-elle pas sur l’album ?

Parce qu’elle ne s’intégrait pas aux autres. Elle est trop mélancolique, cette chanson, toute en mode mineur. Elle ne collait pas avec l’esprit de l’album, même si c’est une chanson magnifique et que j’aime profondément. Nous avions déjà fait le choix d’autres chansons mélancoliques et j’ai trouvé que ce n’était pas opportun de l’intégrer à la playlist. C’est une chanson qui parle de suicide, donc, ça ne collait pas trop avec le côté solaire et lumineux que je voulais faire transparaitre dans l’album. Ça aurait cassé un peu l’ambiance. Je ne te cache pas qu’elle est restée sur la liste pendant quelques semaines… mais finalement, nous l’avons écartée du projet.

Tu reprends « la Bicyclette » de Montand sur la réédition qui est parue en fin d’année.

Ah, celle-là !… quand je l’ai proposée, tout le monde m’a ri au nez, ou presque ! (sourire) « Reprendre Yves Montand toi qui es espagnol ? Mais tu es fou ! Personne n’ose s’attaquer à Montand » Mais j’ai persisté et signé, et j’ai répondu « oui, je suis fou, et je vais l’enregistrer ! » Et finalement, je trouve que cette chanson trouve tout à fait sa place dans l’album. On a toutes et tous eu un amour d’été qu’on allait retrouver à bicyclette. C’est une chanson qui donne envie de s’évader, qui évoque les vacances… Parfois je propose des choses un peu folles, c’est vrai, mais nous avons besoin de folie. Et là, en l’occurrence, je trouve que la version est assez réussie et jolie. Rester constamment dans sa zone de confort, quand on est artiste, quel en est l’intérêt ? Tu sais, quand j’ai décidé de monter sur scène au théâtre l’année dernière aux côtés de Régis Laspalès [« Le Plus beau dans tout ça » de Laurent Ruquier au Théâtre des Variétés, mise en scène de Steve Suissa, NDLR]… tout le monde m’a dit que j’étais fou, que j’allais me faire bouffer par Régis qui était une bête de comédie. En plus, on m’a dit qu’en étant espagnol, j’allais me tromper dans mon texte, etc… j’ai répondu « oui, je suis un Espagnol un peu fou, et j’assume ! » (rires) Et finalement, ça a été une aventure magnifique, cette pièce de théâtre. Les gens ont pu me découvrir dans un autre registre et au bout du compte, c’est une expérience très enrichissante.

« Je m’adapte aux situations et je fais très peu la gueule ! »

AUGUSTIN GALIANA

Il est prévu que tu remontes sur les planches avec cette pièce ? [« Le Plus beau dans tout ça »]

Très franchement, non. Quand on a arrêté les représentations le 13 mars à cause du premier confinement, j’avais déjà décidé de ne pas partir en tournée, puisque j’avais celle de mes concerts qui m’attendait, et je ne pouvais pas mener de front deux tournées différentes, théâtre et chanson. J’ai opté pour la chanson plutôt que le théâtre, puisque j’avais été sur les planches déjà pendant neuf mois.

En parlant de scène… tu t’es produit sur la scène de l’Alhambra il y a presque tout juste un an. C’était ton tout premier concert. Quels souvenirs en gardes-tu ?

C’était magnifique. C’était un accouchement en quelques sortes… (rires) C’était la première fois que j’ai pu chanter toutes mes chansons devant un public. C’est une date, le 2 février 2020, que je n’oublierai jamais. Elle restera gravée dans ma mémoire, c’est un moment que je n’oublierai jamais. C’est impossible. En plus, avoir l’opportunité de chanter dans cette salle parisienne très réputée, ça a été un tel bonheur et un grand honneur. Y a-t-il plus espagnole comme salle parisienne que l’Alhambra ?… (sourire)

Agustin Galiana © Sylvie Bessou
Agustin Galiana © Sylvie Bessou

Comment as-tu vécu les annulations et reports successifs de toutes les dates de tournée ?

Tout était mis en place, il y avait une dizaine de dates programmées. Du coup, on a tout reporté… mais voilà, c’était comme ça. Tu sais, je suis quelqu’un qui pense que les choses arrivent parce qu’elles doivent arriver. Il n’y a rien qui se passe qui ne devrait se passer. Si ça arrive, c’est qu’il y a une raison. Du coup, je m’adapte aux situations comme je peux. Donc, je l’ai pris comme ça. Je ne te cache pas qu’au début, j’ai été le plus malheureux, mais comme j’ai la chance d’avoir d’autres projets en vue, ça a été l’opportunité de foncer dedans. Pendant le confinement, on m’a appelé pour faire partie de l’aventure « Ici tout commence » sur TF1. Donc, qu’on fasse appel à moi pour jouer un rôle récurrent dans une série pour TF1 aux côtés de Francis Huster, Catherine Marchal, Bruno Puzzulu, Elsa Lunghini… pour moi, ça a été une super nouvelle. C’était un mal pour un bien. Si j’avais eu la tournée, peut-être que je n’aurais pas accepté le rôle de LIsandro ? Donc, cette annulation de tournée, je l’ai pris mal au début, mais de toute façon, je n’avais pas le choix, les dates allaient être reportées que je sois malheureux ou non. J’ai accepté la situation en me disant que je serais le plus heureux quand on pourrait enfin entamer cette tournée. Je m’adapte aux situations et je fais très peu la gueule ! (sourire) Ça ne sert à rien de se morfondre… on était tous enfermés à la maison, j’allais donc faire quoi ? Gueuler ? Mais contre qui ? Ça n’aurait servi à rien. On ne pouvait pas la faire à ce moment-là ?… eh bien on la fera plus tard.

« Rester constamment dans sa zone de confort, quand on est artiste, quel en est l’intérêt ? »

C’est la deuxième fois que tu décales tes concerts.

Oui, et j’espère la dernière ! (sourire) Nous devions rejouer samedi dernier, donc… voilà… C’est une situation très compliquée pour beaucoup de gens. Moi, j’ai la chance d’avoir beaucoup de travail, il serait mal venu de me plaindre. Ce qui me fait de la peine, par contre, c’est le sort de toutes les équipes qui travaillent avec moi, que ce soit les musiciens, les équipes techniques, les productions… eux sont à l’arrêt et c’est très difficile pour eux. Et puis, bien entendu, il y a le public avec qui j’avais rendez-vous. Tout ça me fait de la peine. C’est pour tous ces gens que je suis malheureux, pas pour moi. Moi, je m’adapte. J’ai tous mes tournages. Demain, je termine le tournage de « Clem » et je continue « Ici tout commence ». J’ai du travail. Ce n’est pas pour moi que je m’inquiète, mais pour tous ceux qui, eux, sont à l’arrêt total depuis très longtemps. Tous les musiciens, les techniciens, tous les métiers du spectacle… eux, ils galèrent, ils souffrent. Et ça, ça me rend triste. Il serait vraiment mal venu que je me plaigne…

Le fait que les concerts aient été reportés à plusieurs reprises t’a-t-il fait réfléchir au fait de modifier la setlist ?

Oui, un tout petit peu. J’ai eu le temps de réfléchir… (sourire) Je pense que je vais mettre un tout petit peu plus de chansons un peu plus pêchues. J’ai envie d’intégrer plus de chansons qui donnent le sourire parce que je pense que c’est ce dont les gens auront besoin quand nous pourrons recommencer à tourner. Nous parlions de « Alfonsina y el mar » tout à l’heure… elle ne figurera peut-être pas dans les prochains concerts (sourire) Après, il va falloir que je regarde bien avec les musiciens aussi. De toute façon, un concert, c’est un moment de vie, donc, il faut que ça bouge, que ça change, que ça évolue… Je suis très à l’écoute des propositions qu’on peut me faire en tout cas.

As-tu envisagé de donner un concert en live streaming ?

Un concert, il faut que ce soit en live. Préparer un concert tout seul chez moi et le jouer devant une caméra, je ne me vois pas le faire, très sincèrement. Certains artistes l’ont fait et le font encore, mais ce n’est pas mon truc. Du moins, pas maintenant. Mais je ne suis pas contre l’idée, chacun fait comme il le ressent. Disons qu’au jour d‘aujourd’hui, donner un concert seul chez moi, je n’en vois pas l’intérêt. Ce n’est pas que c’est moche chez moi, n’est-ce pas ? (éclats de rire) Mais je préfère attendre et chanter devant un public, voir les regards, les sourires, ressentir et vivre les émotions ensemble et pas par chat interposé. Disons les choses telles que je les ressens : un concert en streaming, aujourd’hui, ça ne m’excite pas, ça ne me tente pas. Peut-être plus tard changerai-je d’avis ? Je n’en sais rien. Je suis peut-être un peu bizarre, mais c’est comme ça. Je fais les choses avec passion, pour partager des émotions… Tu t’imagines que nous en arrivions à chanter seuls chacun chez lui ?… Ce n’est pas possible ! Devenir un robot et tout faire par écran interposé, non, ça ne m’intéresse pas. Un chanteur doit chanter devant son public, c’est comme ça que je conçois ce métier. Après, s’il est question de tourner un clip, c’est différent parce que là, on essaye de développer tout un univers visuel autour d’une chanson. C’est un autre exercice.

Tu vas faire partie du jury pour la sélection nationale française de l’Eurovision 2021.

Tu sais… l’Eurovision, j’aime ça depuis que je suis tout petit. Quand on m’a proposé de participer à cette aventure, j’ai tout de suite accepté. Que mon pays d’adoption me demande de donner mon avis sur sa sélection, ça m’a étonné, et ça m’a honoré aussi. Je pense que mon avis d’Espagnol peut peut-être aider sur certains points. En plus, quand j’ai su que j’allais retrouver ma copine Élodie Gossuin… Jean-Paul Gaultier, aussi, avec qui j’avais déjà intégré le jury de Miss France il y a quelques années… j’ai accepté tout de suite. J’ai trouvé l’idée très sympa. Ça m’a amusé.

Agustin Galiana © Sylvie Bessou
Agustin Galiana © Sylvie Bessou

Et toi, représenter la France ou l’Espagne une année future, ça te tenterait ?

Si on me propose de représenter la France avec une bonne chanson qui tient la route et qui porte un beau message, pourquoi pas ? Je ne serais pas contre l’idée en tout cas. Je ne suis fermé à rien…  Quand j’ai quitté l’Espagne, je n’avais rien. Je suis parti avec 1000 € dans ma valise, plein d’illusions et de courage. J’avais envie de faire plein de choses, et en même temps, j’étais un peu déprimé puisque je quittais mon pays. J’ai risqué ma vie, j’ai osé, j’ai tenté ma chance… et je peux le dire aujourd’hui, j’ai gagné. J’ai gagné du travail que j’aime faire, c’est vrai, mais j’ai gagné tellement d’autres choses, comme des amis. Aujourd’hui je me rends compte que si j’étais resté en Espagne, je n’aurais pas fait la moitié ni le quart de ce que je fais en France aujourd’hui. C’est pour cette raison que je ne suis fermé à rien. Je vais où la vie me mène. En France, pendant un moment, l’Eurovision a eu mauvaise presse, les gens trouvaient ce concours un peu ringard. Mais quand tu regardes cette émission, c’est loin d’être ringard ! C’est une belle émission où on entend de très belles chansons. C’est un beau moment de partage pour l’Europe. Bien entendu, toutes les chansons ne peuvent pas nous plaire, et heureusement. Chacun arrive là avec sa culture et son bagage musical. C’est un beau moment de partage entre tous les pays d’Europe. Après, tout ce qui est vote géopolitique, je m’en fous, très sincèrement. Ce n’est pas là le propos de l’Eurovision. L’Eurovision, c’est un beau spectacle, divertissant, et c’est un concours palpitant. L’Eurovision montre que la musique unit les gens. C’est ça qui est intéressant dans ce concours.

Avant de te quitter, une dernière question. Travailles-tu actuellement sur un nouveau projet musical ? Un troisième album est-il dans les tuyaux ?

J’ai tout un album dans un tiroir, avec des chansons à moi. J’aimerais le sortir. Et aussi faire appel à des amis auteurs qui écrivent très très bien. J’aimerais mélanger mes chansons avec les chansons que ces amis auteurs écriraient pour moi. Après, je ne sais pas quand je pourrai le sortir. Par contre, il y a une petite surprise musicale qui se prépare pour très bientôt. Je l’enregistre vendredi en tout cas… mais je n’en dis pas encore plus pour le moment… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 20 janvier 2021.
Photos : Sylvie Bessou

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Author: Luc Dehon