Interview – Rencontre avec Emilee

Emilee, The Extra Ordinary © Ilaria Foresi

Emilee publie le 5 février son premier EP « The Extra Ordinary », un recueil de cinq titres évanescents et mélancoliques, à la fois nostalgiques et tournés vers l’avenir. Nous l’avons contactée afin d’en savoir plus sur ce projet qui lui colle à la peau, elle qui a déjà un parcours pour le moins riche (elle a notamment travaillé dans l’électro et avec un certain Jean-Louis Murat). Rencontre à Londres, un matin ensoleillé du mois de novembre dernier.

J’aimerais, si tu le veux bien dans un premier temps, que nous évoquions un peu ton parcours pour le moins riche, qui t’a menée à ce projet Emilee…

Bien entendu ! Je suis chanteuse, musicienne, compositrice, productrice et DJ d’origine franco-britannique. J’ai été élevée à Paris et aujourd’hui, j’habite à Londres. Je me suis fait un nom dans le milieu de la musique électronique sous le pseudo de Moggli. J’ai notamment collaboré avec des artistes productrices comme Maya Jane Coles ou Shlomi Aber. J’ai aussi travaillé pour un club qui s’appelle le Showcase à Paris. Récemment, j’ai gagné un concours lancé par Universal Music. C’est un projet collectif autour de femmes productrices avec une vibe un peu plus électronique qui est paru le jour de la journée internationale de la femme, « 100 % Her », sur lequel j’ai pu faire figurer mon titre « Fields of Glee ». Et là, je me tourne vers un tout nouveau projet dans une veine pop expérimentale sous le nom d’Emilee. C’est un peu la suite logique de mon évolution et mon chemin musique, finalement. Tu sais, mes projets musicaux ont toujours été le reflet de ce qui se passait dans ma vie. Là, j’avais envie de quelque chose de plus doux. De plus planant.

Tu as collaboré avec Jean-Louis Murat sur son album « Mockba ».

Oui, effectivement, on a travaillé ensemble. Ça a été une belle rencontre avec Jean-Louis. Nous nous sommes rencontrés à Rennes. J’habitais là-bas à cette époque et je passais dix à douze heures par jour à écrire de la musique. J’avais le temps et la chance de pouvoir faire ça à cette époque… (sourire) Je l’ai croisé à la fin de ses concerts, et je lui ai donné un CD avec quelques-unes de mes musiques. Et il l’a écouté puisque quelques jours plus tard, il m’a rappelée. Ce fut une très belle surprise. J’ai fait quelques premières parties de ses concerts et s’en est suivie une invitation à chanter sur son album « Mockba ». C’était une chouette rencontre et une très chouette expérience.

Les cinq titres qui composent cet EP sont assez introspectifs.

Effectivement. D’ailleurs, je les ai écrits dans une période où je cherchais ma place. Mais il n’est pas qu’introspectif, à mon sens. Il y a quelque chose qui répond aux enjeux sociétaux auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui. Cette pandémie nous amène à nous poser des questions sur soi. Du coup, même si je parle de moi dans ces chansons, je pense qu’elles pourront parler à tout le monde. La Mely de « Mely of the reach », c’est moi, bien entendu, mais je pense que tout le monde peut se retrouver en elle. Et finalement, cet EP, je le trouve vraiment d’actualité.

Tu as utilisé une kyrielle d’instruments un peu vintage. Et ils apportent cette touche d’intemporalité à ta musique.

Ce sont des instruments que j’aime beaucoup. Il y a notamment le Rodeo 49, c’est un synthé italien. Il a une drôle d’histoire parce que c’est un synthé des années 70 qui est dans la famille depuis cette époque. J’ai toujours adoré la batterie de ce synthé… et comme je l’ai utilisée pour le morceau « Rodeo », il était logique que je baptise ce titre avec le nom de ce synthé. (sourire) Ce Rodeo 49, c’est vraiment un instrument super cool et en plus… il est très beau, il est tout en bois. C’est un très bel objet. J’ai aussi utilisé un Yamaha CP70, un piano électro acoustique que Sébastien Tellier utilisait beaucoup (et utilise toujours d’ailleurs, je pense). Prince et Supertramp l’ont utilisé aussi. Il a une couleur très atypique. Il a des micros sur chaque corde, c’est vraiment un instrument intéressant. Il est très claquant et son son collait parfaitement à la tonalité que je souhaitais donner à l’EP.  Le piano est un instrument très important pour moi, pour ma musique.

Tous ces claviers de la fin des années 70 / début 80 ont finalement une couleur très contemporaine.

Ils reviennent en force de nos jours, leur utilisation est très prisée. C’est très intéressant ce phénomène. Je me suis toujours beaucoup intéressée à ce voyage passé – présent – futur. C’est finalement ce qui nous définit. C’est amusant parce que moi, je suis beaucoup plus tournée vers le futur que je ne l’étais avant. Et ça fait partie aussi du message que je veux transmettre. Il y a effectivement beaucoup de nostalgie dans cet EP, mais c’est justement pour en faire le deuil. Et aller de l’avant.

« The Extra Ordinary » va bénéficier d’une édition vinyle.

Oh Oui ! Et c’est une de mes grandes joies. « The Extra Ordinary » va être édité en très beau vinyle. Il sera disponible avec des remixes. Sur la Face A, on retrouvera les cinq titres de l’EP, et sur la Face B, des remixes. L’objet est vraiment chouette, j’y ai laissé quelques petits messages à l’intérieur. Et si les gens le souhaitent, ils pourront éventuellement recevoir une copie dédicacée. Et puis, comme on vit en 2020… il y aura aussi un code pour pouvoir télécharger les morceaux sur les plateformes digitales.

C’était important de matérialiser ce premier projet en tant qu’Emilee ?

Oui. J’ai même envie de dire que ça s’est imposé à moi. C’était vraiment naturel. « The Extra Ordinary » devait sortir en vinyle, c’était évident. Après, je n’ai rien contre le format CD. Je n’ai pas souhaité en publier un pour ce projet-ci précisément, mais je ne l’exclus pas pour plus tard, pour une réédition éventuelle ou un nouvel EP.

Un mot sur le futur. La suite, tu l’envisages comment ? Un nouvel EP ? Un album ?

Il y a plein de jolies choses qui vont arriver. Emilee, je l’ai conçu comme un projet au long terme. Il y a plein plein de choses qui sont en train de se mettre en place, mais là, et surtout dans la conjoncture actuelle, je préfère ne pas trop en dire et garder la surprise.

Propos recueillis par Luc Dehon le 20 novembre 2020.
Photos : Ilaria Foresi

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Author: Luc Dehon