Prohom, Brille

Prohom, Brille © Anne Rivière

Prohom s’apprête à publier son nouvel album « Brille ». Cette sortie s’effectuera en deux temps : numérique le 4 septembre et physique le 15 octobre prochain.

On a découvert Philippe Prohom à l’aube des années 2000, avec un premier album signé chez Polydor emmené par le titre « Ça oublie d’aimer ». Vingt ans, ou presque, ont passé et pléthore de projets ont vu le jour : quatre albums (un premier éponyme en 2002, « Peu importe » en 2004, « Allers Retours » en 2007 et « Un monde pour soi » en 2013), un live, un EP (« La vie sans » en 2010) et des centaines de dates à travers la France et bien au-delà.

Prohom est de retour après quelques années de pause musicale en termes de sortie discographique. Sur la chemin de Compostelle, l’artiste expérimente la pleine présence et devient magnétiseur.

Ces deux dernières années (marquées par un changement de cadre de vie pour se rapprocher de l’essentiel) auront été décisives dans le parcours de l’artiste et ainsi lui permettre de poser des mots et des sons sur un bouquet d’émotions arc-en-ciel. Tant de choses à dire et – surtout – à partager. Il se dit que l’équivalent de deux albums aurait été écrit.

Prohom en publie aujourd’hui neuf titres. L’album s’ouvre sur un constat : « il y a quelque chose qui ne va pas […] C’est beau, hein ? C’était. » Explicit lyrics. Pourtant « Brille » n’est pas un album véritablement désenchanté. C’est avant tout une ode à l’instant présent et aux bonheurs simples. Tenter avec des mots justes et des boucles électro entêtantes d’exprimer l’indicible et les merveilles de la vie : les sourires, la joie, le soleil qui brille, le bruit du vent ou tout simplement la sensation des embruns sur la peau. Sans oublier les plaisirs du corps, les caresses et les ivresses. Cerise sur le gâteau, « Tu peux même danser » parce que « la vie est une danse », tout simplement.

L’homme a cinquante-deux ans aujourd’hui. Le moment probablement de jeter un coup d’œil dans le rétro et réfléchir à demain, sans lamentation aucune. Une chanson extrêmement touchante écrite pour sa fille, « Brille pour toi », est là aussi particulièrement explicite (« À défaut de paradis je te laisse l’utopie »). Elle donne d’ailleurs son titre à l’album. Ce n’est pas un hasard.

L’opus se termine avec « Regarde », une invitation à la contemplation, véritable ode à la marche. Avancer sans foncer, prendre le temps de regarder, d’admirer et d’aimer.

« Brille » tire la sonnette d’alarme mais est avant tout un album d’une sensibilité exacerbée et d’une tendresse infinie. Rares sont les artistes qui font rimer nature et culture. Rares sont les hommes qui expriment leur sensibilité avec autant de dénuement. « Brille » est un album rare, tout simplement.

Photo : Anne Rivière

Author: Luc Dehon