Interview – Rencontre avec Benoît Dorémus

Benoît Dorémus © Yann Orhan

Benoît Dorémus publie ce vendredi « Désolé pour les fantômes », un nouvel album à la fois drôle et  profond dans lequel l’artiste pose un regard amusé et tout en sensibilité sur ses fantômes, sans jamais verser dans une quelconque forme de nostalgie ou de regrets. C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons contacté Benoît pour en savoir plus sur ce projet qui arrive six ans après « En tachycardie ». Une des très belles surprises de ce début d’année…

Benoît Dorémus, Désolé pour les fantômes
Benoît Dorémus, Désolé pour les fantômes

Six ans nous séparent d’ « En tachycardie », ton précédent album. Qu’en retiens-tu ?

Un gros virage. « En tachycardie » représente mon passage des maisons de disques à l’indépendance. J’étais signé chez EMI à l’époque et là, sur ce disque, je me suis retrouvé seul, sans personne à mes côtés, ou presque. D’un coup, je me suis retrouvé à ne plus être que « auteur, compositeur et interprète »… J’ai donc dû apprendre rapidement un nouveau métier, celui de producteur, avec tout ce que cela implique d’administratif, de gestion, de financier, etc… C’est donc la première fois que j’ai eu recours au financement participatif pour pouvoir sortir mon album. C’était un gros virage, mais il était capital si je voulais continuer ce métier. Avec le recul, c’est une fierté aujourd’hui parce que ça a bien fonctionné. J’ai appris plein de choses sur le métier et l’envers du décor. C’était une grosse étape dans ma jeune carrière.

Quand nous en avions parlé à cette époque, j’avais bien senti que c’était une étape difficile pour toi, le passage à l’indépendance.

Ça l’a été, effectivement. Et ça l’est toujours aujourd’hui, d’ailleurs. Mais avec le recul, j’ai compris que c’était un métier difficile, qu’on soit signé en major ou indépendant. Si c’était un métier facile, tout le monde le ferait. Je me souviens d’une discussion que j’aie eue un jour avec je ne sais plus très bien qui. J’étais signé en maison de disques à l’époque et j’étais un peu fatigué parce que le rythme était intense. Je lui expliquais que c’était difficile de sortir un disque, et il m’avait répondu, que c’était encore plus difficile de ne pas en sortir. (sourire) C’est une réflexion qui m’avait marqué. Même si c’est un métier difficile, il ne faut pas s’en plaindre, on l’a choisi. Personne ne nous a poussés à devenir chanteur. Ce que j’aimais en maison de disques, c’était le côté « aventure humaine ». On fait partie d’une équipe, parfois très petite puisque ça reste aussi de l’artisanat. Mais se sentir protégé par une équipe, avoir son noyau, c’est très agréable. Là, en indépendant, j’avance seul. Je suis dans ma tour de contrôle à devoir penser à mille choses autres que de l’artistique. D’un autre côté, je suis maître de mon projet de A à Z. Il y a des avantages et des inconvénients dans les deux cas de figure, en fait. Disons qu’être indépendant, c’est plus fatigant… (sourire)

J’imagine que tu ne t’es jamais arrêté d’écrire des chansons. Mais quand t’es-tu dit que là, il était temps de les graver sur un disque ?

Dans l’écriture, il y a plusieurs phases, effectivement. Et pour cet album précisément, j’ai écrit énormément de chansons. Beaucoup plus que pour les précédents, d’ailleurs. J’ai dû me remettre le pied à l’étrier vers 2017/2018. Mais je n’ai gardé très peu de chansons écrites à cette époque au final. De mon point de vue, elles ne passaient pas la barre. Après, je suis passé par une phase où je trouvais tout un peu nul. Je pensais ne plus être capable d’écrire une chanson qui tienne la route. Une très grosse période de doute. Mais petit à petit, mois après mois, à force de travailler et de ressortir des brouillons, on finit par avoir quelques chansons. Je me sentais à peu près prêt avant notre grand ami le premier confinement. (sourire) Evidemment, les cartes ont été redistribuées à cette époque, et ça a stoppé tout. Avec le recul, aujourd’hui, je me dis tant mieux parce que ce n’aurait pas été le même album. Ces deux années supplémentaires m’ont permis d’écrire de nouveaux titres dont je suis fier, comme « Pas d’enfant » que j’ai écrit l’été dernier. Je suis content d’avoir attendu finalement. Par contre, il y a un an, en avril 2021, je me suis réellement dit qu’il fallait le sortir ce disque. Je savais que ça allait être difficile au vu de la conjoncture, mais je me suis dit « Benoît, si tu ne le sors pas maintenant, tes chansons vont moisir dans ton ordinateur et tu vas le regretter. » Je savais que ça allait être le parcours du combattant, mais j’y suis allé.

Ta campagne de crowdfunding a plutôt très bien fonctionné. Tu as levé 447% de la somme demandée. Ça galvanise, ça. C’est toute une équipe qui te soutient !

C’est ça ! (sourire) ça a été une surprise extraordinaire. Je ne m’y attendais pas du tout. Très honnêtement, ce qui m’a freiné dans la production de ce nouvel album, c’était de devoir une nouvelle fois faire appel au public pour financer l’album. J’aurais aimé faire autrement. Ce n’est jamais facile d’impliquer le public dans des considérations financières. Ce n’est pas notre rôle en tant qu’artiste de parler argent avec son public. Mais c’est ainsi qu’est le métier aujourd’hui. Le financement participatif se fait aussi en politique et dans tout un tas d’autres domaines. Mais ce n’est pas évident, même si je n’avais pas vraiment le choix. C’était un cap à franchir, surtout à une époque où tout le monde avait été mis à mal financièrement parlant avec le coronavirus. C’était délicat… mais quand j’ai vu que ça a démarré comme une fusée, j’ai été le plus heureux. Je ne m’y attendais pas. Ça fait plus que chaud au cœur. C’est ça qui met tout le kérosène nécessaire dans la fusée pour partir à l’aventure.

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Tu m’as parlé tout à l’heure de « Pas d’enfant », que tu avais écrite l’été dernier. C’est un sujet assez tabou dans notre société, le fait pour une femme de ne pas vouloir d’enfant. Est-ce que ça a été une chanson difficile à écrire ?

Effectivement, c’est un sujet un peu épineux. Mais dans le sens où ça ne me touche pas directement, finalement, ça a été un texte plutôt facile à écrire de mon point de vue. Je me suis mis dans la peau de cette femme qui ne veut pas d’enfant et que la société embête avec ça. Ce n’est pas un sujet douloureux pour moi. Ce sont des amies de mon entourage qui m’ont parlé de ça et j’ai très vite compris qu’une chanson sur ce sujet pouvait les toucher. Et pour le coup, cette chanson a été une source de satisfaction : Pour une fois que je ne parlais pas de mon petit nombril !… (sourire) Après, il y a le travail de rimes et de musique, mais au-delà de la technique, non, elle n’a pas été difficile à écrire. Au contraire.

« Douze ans sans te voir », là, ça te touche directement…

Oui. La démarche est très différente. C’est la suite d’une chanson qui s’appelle « Beaupadre » qui figurait sur mon premier album. Là, ce sont nos retrouvailles douze ans après. Cette chanson parle d’une histoire vraie, et les émotions étaient intenses. Quand je suis rentré chez moi après cette rencontre, je l’ai quasiment écrite d’une traite. Ce qui m’arrive très rarement. J’écris plutôt dans la douleur, j’avance centimètre par centimètre… L’écriture dure des semaines et des semaines. Mais celle-ci, même si je l’ai retravaillée par après, le premier jet est venu d’un coup. C’était plutôt une délivrance.

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Il y a deux duos sur ce disque. Le premier avec Clio (« Désolé pour les fantômes »), le second avec Bénabar (« Drague la mère »). Comment sont-ils arrivés sur le projet ?

L’un comme l’autre, je les connaissais, sans que ce ne soient des amis proches. Quand j’ai écrit la chanson « Désolé pour les fantômes », j’ai très vite pensé à Clio parce que j’aime ses chansons, sa voix et la façon dont elle aborde le rapport amoureux. J’aime beaucoup sa sensibilité, et j’avais envie de cette sensibilité sur ce titre. J’ai donc pris mon courage à deux mains, et ça a été le cas pour Bénabar aussi, je leur ai envoyé un petit texto en leur disant que j’avais une chanson à leur proposer… Tous les deux ont répondu oui tout de suite avec beaucoup d’enthousiasme et sans hésitation. Et ça, je ne m’y attendais pas du tout. J’avais vraiment peur d’essuyer un refus de part et d’autre. Ça a été un super cadeau de les avoir sur mon disque. Pour la petite histoire, Bénabar a été une de mes idoles… Quand j’ai commencé à chanter au début des années 2000, c’était lui le chef de meute, c’était lui la star, le gros vendeur de disques… Bénabar, c’était le renouveau de la chanson française. Donc, partager un titre avec lui est une source de grande fierté pour moi. Le jour où il est venu en studio reste un super souvenir. Je l’ai vu arriver en voiture, et j’étais vraiment impressionné. C’était super chouette, tout simplement.

La chanson « Désolé pour les fantômes » donne son titre à l’album. A-t-elle guidé l’écriture des autres titres ? Parce que finalement, sans être nostalgiques, ces nouvelles chansons évoquent beaucoup le passé dans leur ensemble …

Ce n’est pas faux. Je commence à avoir quelques retours et certains vont dans ce sens… Beaucoup  trouvent que c’est un album plus drôle, mais qu’il y a beaucoup de mélancolie dedans, que le passé y est assez présent, sans pour autant être nostalgique. Le passé m’a longtemps fait souffrir. Je pense que je l’accepte beaucoup plus aujourd’hui. Je comprends aujourd’hui que le temps joue pour moi. Je suis par exemple nettement moins anxieux aujourd’hui que je ne l’étais à vingt ans. Je suis plus sûr de moi et je me prends moins la tête. Ce qui fait aussi que je ne suis pas profondément nostalgique, c’est que je n’ai pas tout réussi dans ma vie, loin de là, mais que je n’ai pas de regrets. J’ai fait des erreurs comme tout le monde, mais je sais aujourd’hui que j’ai fait de mon mieux à l’époque. Et ça, ça aide. Cette chanson précisément, « Désolé pour les fantômes », je l’ai écrite il y a quelque chose comme trois ans. Elle est importante dans le sens où elle évoque le fait que quand on arrive à la quarantaine, comme c’est mon cas, on arrive avec tous nos petits traumatismes et nos petites névroses. Et cette histoire de fantômes me parlait bien. Les fantômes, ça peut être plein de choses. Quand il a fallu choisir un titre, juste avant d’aller en studio, je me suis rendu compte que le passé était un thème qui revenait souvent dans ces nouveaux titres, effectivement. Que ce soit dans des titres comme « Douze ans sans te voir », « Les dates des morts »… Les fantômes de la vie reviennent souvent dans ce disque. Le titre est donc cohérent.

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Tu as travaillé aussi avec le duo Kiz, Marc Parodi et Alice Chiaverini. Ce sont des amis ?

C’est notre ami le coronavirus qui a rendu possible cette rencontre… Je connaissais Alice et Marc, nous nous étions rencontrés lors d’un atelier d’écriture à Astaffort il y a quelques années. Nous nous étions appréciés et avions échangé nos contacts. On se voyait de temps en temps, mais sans plus. Et puis, juste après le confirment, je me suis mis à écrire des musiques avec Marc. Il m’a aidé avec mes maquettes. Et de fil en aiguille, il a mis le nez dans mes chansons et on a fait un essai sur un titre. Sa proposition m’a beaucoup plu. Du coup, je lui ai demandé de réaliser l’album avec Alice. C’est une des choses inattendues et positives que je dois au confinement. Je pense avec le recul que j’avais besoin de son œil. C’est bien, à chaque album, de s’ouvrir à d’autres idées, d’autres musicalités. J’aurais très bien pu retravailler avec Paul-Éric Rouvière qui avait réalisé « En tachycardie » et qui est un de mes potes, mais je me suis laissé porter par ce travail que nous avions fait avec Marc. Alice a fait beaucoup de chœurs sur le disque. C’est la présence féminine sur le disque. C’était nouveau pour moi, ça m’a fait du bien.

« La danseuse blessée » est de mon point de vue « LA » chanson de l’album. Dans quelles circonstances l’as-tu écrite ?

C’est une des rares que j’ai pu tester sur scène juste avant que notre ami corona ne vienne jouer les trouble-fête. Les quelques fois où je l’ai chantée, les gens après le spectacle ne me parlaient que d’elle … J’ai très vite compris qu’il se passait quelque chose. J’ai eu quelques fois des chansons qui plaisaient (rires), mais rarement à ce point. Du coup, je savais qu’elle aurait une place de choix dans l’album. C’est un titre important. Et tant mieux parce qu’elle m’a donné du fil à retordre ! Comme pour beaucoup d’ailleurs… mais celle-ci, je ne sais pas combien d’heures j’ai passé dessus ! Des centaines certainement ! (sourire) Elle a l’air fluide alors que sa création a été tout sauf fluide. Un vrai chantier cette « Danseuse blessée » (rires)

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Es-tu plus à l’aise sur l’écriture de titres plus drôles, comme « Les dates des morts » ou « Pour une raison quelconque » ?

Que ce soit une chanson plus humoristique ou plus profonde, l’écriture, ce n’est jamais drôle. C’est beaucoup de tâtonnement, comme un puzzle. Et puis tout d’un coup, ça s’emboîte on ne sait pas trop pourquoi. C’est laborieux l’écriture en ce qui me concerne. Il y a d’ailleurs un titre sur lequel je ne sais combien de semaines j’ai passé… et il ne se retrouve même pas sur le disque. Il n’y a pas de règles. Avec le temps, c’est aussi une chose que j’ai intégrée : l’inspiration, ça ne se maîtrise pas. Il faut à la fois aller la chercher et à la fois attendre qu’elle vienne. Et en même temps, si on ne va pas la chercher, elle ne viendra pas. C’est un processus très compliqué qui m’échappe encore totalement. Mais quand j’en parle avec mes glorieux parrains Francis Cabrel, Maxime Leforestier ou Renaud, je me rends compte que nous sommes tous logés à la même enseigne avec cette inspiration… Maxime Leforestier en a beaucoup souffert, il me l’a confié. On a l’impression qu’elle ne reviendra jamais, et puis paf, une idée nous tombe dessus et tout revient. C’est une drôle de bestiole, l’inspiration… Après, même si c’est douloureux et fastidieux, j’aime passer du temps sur mon ordinateur avec mes dictionnaires à côté de moi. Mon dictionnaire de rimes, mon dictionnaire de synonymes… et même sur internet, il y a des outils fabuleux ! Wikipédia aussi… C’est un travail d’artisan l’écriture. Et c’est fabuleux. C’est le bonheur ultime, même si une fois encore il est parfois douloureux. C’est en tout cas pour ça que je fais ce métier. Après, je suis un éternel insatisfait. Jamais je ne laisse passer une chanson « pas mal ». Au fond de soi, on sait quand quelque chose n’est pas au point. Après, mes chansons sont loin d’être parfaites, ce n’est pas ce que je dis. Mais disons qu’elles sont au mieux de ce que je sais faire. Je les pousse toujours au bout. Le passable, je l’accepte pour d’autres aspects de ma vie, mais jamais dans l’écriture. Je fais un album tous les cinq ans, je ne peux pas laisser la place au moindre regret.

J’ai mis le focus arbitrairement sur les chansons qui m’ont le plus touché. Y en a-t-il une, toi, pour laquelle tu as une petite tendresse particulière ?

C’est banal mais je les aime toutes parce qu’elles correspondent toutes à un moment de ma vie. Mais j’ai adoré enregistrer « Passé récent ». On a beaucoup cherché ce qu’on allait faire autour de ce titre. J’ai dit à Marc et Alice que j’entendrais bien une présence féminine sur ce titre. Alice a eu une petite étincelle et elle s’est mise au micro. Je me suis fait tout petit dans le canapé et je l’ai regardée faire. Elle a superposé des couches de chœurs, des harmonies vocales comme une nappe sonore. Et c’était fabuleux. Tout de suite, on a compris qu’on y était. J’ai filmé ce moment et je le posterai sur les réseaux sociaux un jour. C’était un des meilleurs moments du studio. Je n’avais rien à faire, juste à assister au spectacle d’éclosion des arrangements de ma propre chanson. C’était très chouette. Je ne m’étais encore jamais encore servi d’une voix féminine comme d’un instrument sur mes précédents disques, et cette présence m’a énormément plu.

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Quand tu as débuté les réseaux sociaux n’existaient pas. Aujourd’hui, ils sont omniprésents. Comment les gères-tu ?

Quand j’ai débuté, ils n’existaient pas effectivement. La maison de disques nous avait expliqué qu’il était important d’être présent sur MySpace… Tu te rends compte ? C’était toute une époque, déjà révolue, MySpace !!! (éclats de rire) L’ennemi des maisons de disques à l’époque, c’était le téléchargement illégal. C’était emule, le pear-to-pear… une autre époque qui n’est pas si vieille que ça, finalement. Bref, aujourd’hui, nous avons les réseaux sociaux. Ils sont juste importantissimes. Si on veut exister en tant que chanteur, on n’a pas trop le choix, il faut y être présent, à quelques rares exceptions. J’essaye de trouver un équilibre là-dedans. Je n’ai pas le réflexe de sortir mon téléphone toutes les cinq minutes pour poster un selfie comme le fait la nouvelle génération. En même temps, je prends du plaisir à publier différentes choses. J’ai fait des concerts en direct sur Facebook ou Instagram. J’aime bien faire des stories et recevoir des petits cœurs ou des messages… Tout cet aspect ludique me plait. Et je ne crache pas dedans dans le sens où si j’ai réussi à faire financer mon album par les internautes, les réseaux sociaux m’ont bien aidé. Après, ce qui me chagrine, c’est qu’on offre toute notre créativité et notre temps à tous ces mastodontes américains. Nous, artistes, du coup, on ne vend plus de disques et on ne s’y retrouve pas financièrement. Ça, c’est injuste. Il est devenu très difficile de vivre de la musique, et encore plus depuis que nous sommes privés de concerts avec notre ami corona… Quand on publie un truc sur Facebook ou Instagram, c’est entrecoupé de publicité, mais rien ne nous revient… L’économie de notre métier a beaucoup changé et clairement, des petits artistes comme je le suis, ne s’y retrouvent pas… ça se sait peu et ça se sait mal, mais ce n’est pas le petit Benoît Dorémus qui va y changer quelque chose. En tout état de cause, il y a des injustices bien plus grandes dans la vie.

Il y a tout de même de temps en temps de petites épiphanies sur les réseaux sociaux. Tu as reçu l’année dernière un tweet qui ne venait pas de n’importe qui ni de n’importe où… ça t’a fait quoi ? [Le titre « Rien à te mettre » a été tweeté en direct de la station spatiale internationale par Thomas Pesquet, NDLR]

(sourire) C’était absolument incroyable ! Je me suis réveillé un matin en recevant un texto d’une amie me demandant si j’avais vu que Thomas Pesquet parlait de ma chanson… J’ai d’abord cru que c’était une blague, mais non… Pas du tout. Thomas Pesquet avait écouté une de mes chansons dans l’ISS et l’avait tweeté. Franchement, c’est un des plus beaux cadeaux que je pouvais recevoir de la vie. Surtout que je m’intéresse de près à l’astronomie et la science en règle générale. Et ce mec, il est plus que fortiche. C’était un vrai beau cadeau de la vie, d’une poésie folle. J’ai d’ailleurs fait un rapide calcul… La chanson qu’il avait écoutée durait 3:13 et il allait à 28 000 km/h, il l’a donc écoutée sur  1500 km. Pour la petite histoire, je viens de lui envoyer le nouvel album, j’espère qu’il le recevra et qu’il lui plaira. J’ai juste envie qu’il sache la joie qu’il m’a faite, une vraie joie enfantine. Savoir que quelqu’un a écouté une de mes chanson dans l’espace, ça vaut bien tous les ennuis dont nous venons de parler à ta précédente question ! (sourire)

Benoît Dorémus © Yann Orhan
Benoît Dorémus © Yann Orhan

Le 10 mai, tu chanteras ces nouvelles chansons au Café de la Danse (Paris 11ème). Un grand retour sur une scène parisienne…

Je suis déjà remonté seul en scène depuis l’épisode corona, mais c’est effectivement mon retour dans une salle parisienne. Je n’ai plus chanté à Paris en mon nom propre depuis quelques années. C’est un rendez-vous que j’attends impatiemment et j’ai un trac fou. C’est une date importante.

Tu seras accompagné sur scène ?

Oui, je serai avec Marc Parodi qui a réalisé l’album et dont nous avons parlé tout à l’heure. Comme Marc sait jouer de plein de trucs, guitares, percus, claviers… on peut vraiment aller loin et reproduire le son de l’album tout en restant dans une configuration intimiste. Et puis, nous aurons certainement quelques invités…

Une tournée se met en route ?

Oui, petit à petit parce que c’est compliqué en ce moment. Quelques dates vont être bientôt annoncées, mais le gros de la tournée sera pour l’automne prochain et même début 2023. On va étaler la tournée dans le temps pour essayer d’aller un peu partout.

Tu as envoyé leurs disques aux contributeurs du crowdfunding il y a quelques jours, quels sont les premiers retours ?

Les disques sont arrivés rapidement. Merci La Poste ! Je suis heureux de tous les retours que j’ai déjà eus. Les gens ont l’air content du disque. Il y aura certainement des critiques qui vont arriver, mais là, je n’ai reçu que des messages positifs. Les chansons ont l’air de parler aux gens, et après ce marathon d’un an pour le sortir, ça fait vraiment du bien. Ça fait chaud au cœur.

Propos recueillis le 21 février 2022.
Photos : Yann Orhan

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Author: Luc Dehon