Kira Skov, Spirit Tree

Kira Skov, Spirit Tree

Kira Skov publie aujourd’hui « Spirit Tree », un album troublant.

Née à Copenhague, Kira Skov s’installe à Londres à l’âge de 17 ans au milieu des années 90 pour y concrétiser ses rêves musicaux. Depuis une vingtaine d’années, l’artiste danoise multiplie les projets (en solo ou en groupe), les rencontres et les collaborations. Elle a notamment travaillé avec Jeff Beck, Tricky, Trentemøller et le producteur suédois Tore Johansson.

Elle publie ce vendredi « Spirit Tree », un album composé de duos écrits, composés et enregistrés pendant la pandémie qui nous occupe tous depuis plus d’un an. Et directement inspirés par elle, à l’exception d’un seul (« Idea of love » en duo avec Mark Lanegan). Ce sont donc des duos enregistrés à distance que l’on retrouve ici, toutes les bandes sons ayant été enregistrées au Danemark dans le studio de l’artiste, et les autres voix/instruments chez les différents acteurs du projet (Bonnie « Prince » Billy, Bill Callahan, John Parish, Jenny Wilson, Lionel Limiñana, Lenny Kaye, Stine Grøn, Steen Jørgensen, Mette Lindberg, Marie Fisker…)

Les quatorze titres qui composent cet « arbre spirituel » ont évidemment tous un rapport plus ou moins direct avec l’actualité et/ou les sentiments qui nous ont envahis ces derniers mois. Qu’il s’agisse du tragique épisode de la mort de George Floyd (« We won’t go quietly »), de vibrants hommages à nos piliers, celles et ceux dans l’œuvre desquels nous nous sommes replongés comme pour oublier le temps présent, Kerouac, Kate Bush (« Ode to the poets », « Dusty Kate ») ou encore l’amour, en manque duquel nous avons pu nous trouver à un moment ou un autre (« Tidal Heart », Some kinds of lovers »…).

Il plane sur ce disque, pourtant enregistré dans un contexte particulièrement pesant, un sentiment de légèreté et de liberté. Comme un besoin pressant, une urgence, une fulgurance. L’isolement crée des tragédies. Paradoxalement, il crée aussi des liens et des épiphanies. Celle-ci est véritablement troublante. Et magnifique.

Author: Luc Dehon