L’Auvergnat chante Brassens à la Coopérative de Mai

L’Auvergnat chante Brassens à la Coopérative de Mai

« L’Auvergnat chante Brassens à la Coopérative de Mai », projet multi artistes clermontois paraîtra ce vendredi.

7 Mars 2000. La Coopérative de Mai (dites « La Coopé ») ouvre ses portes à Clermont-Ferrand. Rapidement, la scène de musiques actuelles devient « LE » lieu emblématique de la scène musicale clermontoise. Pendant 20 ans, s’y produisent les plus grand artistes (on y a vu -M-, Patti Smith, Morrissey, Thirty seconds to Mars, Indochine…), mais aussi – et surtout – la nouvelle scène clermontoise en ébullition y fait ses armes (Comme John, Mustang, the Doug, Matt Low…)

20 ans plus tard. Mars 2020. Premier Confinement. Covid oblige, toutes les salles de spectacles doivent fermer leurs portes, le secteur culturel étant devenu « non essentiel » (triste vocabulaire, soit dit en passant). Ce que l’on ignore, c’est que cette catastrophe censée durer deux mois tout au plus s’éternisera pendant plus d’une année, obligeant ainsi les acteurs du secteur culturel à se réinventer.

L’idée de ce projet est finalement toute bête : inviter des artistes clermontois sur la scène de la Coopé à chanter une relecture inattendue de quelques grandes chansons de Georges Brassens. Sans public. Les enregistrer dans les conditions du live et publier un disque. Pour le public.

Ce projet est donc une formidable aventure collective qui réunit aussi bien les sisters de Comme John (qui revisitent « Il n’y a pas d’amour heureux » avec la complicité d’Albin de la Simone au piano), que le groupe Mustang (dans une version très élégante du « Petit Cheval »), The Doug (« La mauvaise réputation » lui colle à la peau), Les mamans du Congo & Rrobin (quand « La chanson pour l’Auvergnat » se frotte aux berceuses bantoues du Congo), Foxhole (une chanson de circonstance, « les copains d’abord », version punk), Belfour (« Heureux qui comme Ulysse » version électro-rock), Sourdure (pour une « Supplique pour être enterré à Sète » en transe), Iraka & Rrobin (une « Hécatombe » entre rap, slam et chanson) ou encore Pain-noir & Balzane (une « marche nuptiale » éthérée d’une sensibilité phénoménale).

Rarement les projets multi artistes de la sorte auront été aussi inspirés. Cette collection de neuf titres est tout simplement prodigieuse. Gageons maintenant que les salles ne devront plus fermer et que ce projet, gravé dans le temps, ne sera que le reflet d’une époque révolue, et perdurera avec panache.

Author: Luc Dehon