Nikitch, Chromatism

Nikitch, Chromatism

Nikitch s’apprête à publier ce vendredi l’album « Chromatism ». Il en a déjà dévoilé plusieurs extraits : « Still Someone » et « Brain Dance ».

De formation classique et jazz, Nikitch développe son art depuis quelques années par le prisme de la musique électronique. Il publie ce 24 septembre « Chromatism », une odyssée de onze titres véritablement enthousiasmante.

C’est un arc-en-ciel d’émotions que l’artiste propose ici. Des productions électro teintées tantôt de mélancolie, tantôt de joie. Des émotions éphémères qui captent l’instant et s’ancrent dedans. On y retrouve toutes les influences de l’artiste. Le côté lyrique et poétique venant très probablement du classique à la plus totale impro désinvolte du Jazz, en passant par un sens inné de la mélodie pop. Les voix dans les productions de Nikitch sont réduites à leur plus substantifique moelle. Telles des spectres hantant les lieux. On les distingue à peine, pourtant sans elles, pas d’histoires à raconter.

C’est d’ailleurs ce qui nous a beaucoup plu à l’écoute de « Chromatism », c’est cette narration qui se construit titre après titre, chacun fonctionnant sans les autres, mais l’ensemble formant un tout plus grand, plus enrichissant. À la dernière note de « Almost Done », quand le repeat revient à l’Ouverture, on comprend rapidement que la nouvelle histoire que l’on s’apprête à découvrir sera différente. C’est là toute la richesse de « Chromatism » : ses nombreuses strates de lectures soutenues par des structures sonores extrêmement riches et complexes.

Gros coup de cœur pour le titre « Opposite Ways », fruit de la collaboration de Nikitch avec 1000 Chevaux-Vapeur (moitié de Terrenoire).

Adoubé par Gilles Peterson et Laurent Garnier, Nikitch fait partie de cette génération de producteurs français qui, à l’instar de leurs aînés, ont parfaitement compris que la musique électronique n’était rien d’autre qu’un work in progress géant. Que de nouvelles couleurs et de nouvelles textures n’attendaient qu’à être utilisées, déformées, patinées pour créer, toujours et encore, l’étonnement.

Author: Luc Dehon