INTERVIEW – Rencontre avec Najoua Belyzel

Najoua Belyzel © Olivier Merzoug

Najoua Belyzel publie ce mois un album hommage à Marie Laforêt, « Eternelle », un recueil de dix chansons empruntées au répertoire d’une artiste rare qui lui siéent parfaitement. Le mois prochain, elle publiera une intégrale unplugged sous forme de coffret 2 Cd + 2 DVD. Et en décembre, elle se produira sur la scène du Nez Rouge à Paris pour six dates exceptionnelles. Nous avons contacté Najoua pour évoquer cette actu très chargée et aussi, et surtout, pour évoquer le chemin qui l’a menée à la publication de tous ces nouveaux projets. Nous évoquerons également son apparition sur le dernier album de Sylvie Vartan. Rencontre avec une artiste sensible qui a longtemps habillé ses chansons de pudeur et qui aujourd’hui se dévoile de plus en plus…

Tu avais déjà publié une reprise de « Viens, viens » de Marie Laforêt sur la version augmentée d’« Au féminin » en 2009. L’idée d’un album hommage était-il déjà dans les tuyaux ou bien était-ce une reprise sans autre envie derrière ?

J’avais déjà une réelle envie… Il faut replacer les choses dans leur contexte. J’ai découvert Marie Laforêt assez tard par le biais de Christophe Casanave, mon compositeur, qui trouvait que nous avions des similitudes dans la voix. Mais mieux vaut tard que jamais !… (sourire) La première chanson que j’ai découverte, c’est « Viens ». Quand j’ai écouté cette chanson pour la première fois, j’ai pleuré. Et j’ai dû l’écouter en boucle une centaine de fois (sourire). C’était en 2007/2008. C’était bien avant l’enregistrement de mon deuxième album, en fait. Je suis littéralement tombée en amour pour cette femme et cette artiste. Un vrai coup de foudre artistique. Je ne sais pas comment te l’expliquer, mais Marie Laforêt me donnait de la force.

Najoua Belyzel, Eternelle © Olivier Merzoug
Najoua Belyzel, Eternelle © Olivier Merzoug

L’as-tu contactée à l’époque ? L’as-tu rencontrée ?

Je l’ai contactée parce que j’avais envie de faire un duo avec elle, sur « Viens ». Pour la petite histoire, nous avions enregistré « Viola » en duo avec Marc Lavoine qui avait son contact. Le projet n’a malheureusement pas abouti pour différentes raisons, et je ne l’ai jamais rencontrée. Les années ont passé et ce projet est resté en standby. Jusqu’à ce que nous apprenions son décès il y a deux ans. Là, j’ai reçu comme un électrochoc. Je me suis dit que ce projet de reprises, il fallait maintenant le mettre sur pied.

Marie Laforêt est décédée fin 2019, puis en mars 2020, nous avons été confinés.

Voilà. Tout a été très compliqué. Nous étions tous dans l’urgence de la pandémie, et c’était devenu très difficile de travailler. J’ai profité de ce confinement pour découvrir son répertoire plus en profondeur. C’est énorme tout ce qu’elle a enregistré ! J’ai même été plus loin. J’ai lu beaucoup d’ouvrages la concernant, des biographies, etc…  Moi qui n’ai jamais été fan de personne, je ne suis pas en train de dire que je suis devenue fan d’elle, mais j’ai une grande admiration pour elle en tout cas. C’est du domaine du spirituel. J’ai l’impression qu’il y a un lien entre nous. Quelque chose de presque mystique. J’ai un peu de mal de l’exprimer sans être submergée par l’émotion [Najoua est très émue, on l’entend dans sa voix, NDLR]. Cette « rencontre » à travers les époques avec son œuvre et l’artiste qu’elle est, est quelque chose d’important à mes yeux. Je regrette tellement aujourd’hui de ne pas avoir été un peu plus loin à l’époque dans mes démarches. Marie Laforêt, c’est un peu comme si elle faisait partie de ma famille. Famille artistique, en tout cas. Cette force qu’elle m’avait donnée dont je t’ai parlé tout à l’heure, après son décès, elle m’est revenue comme un boomerang. C’est elle qui m’a donné la force de mener ce projet « Eternelle » à son terme. Elle méritait vraiment que je lui rende hommage.

Najoua Belyzel © Najoua Belyzel, Eternelle © Olivier Merzoug
Najoua Belyzel © Najoua Belyzel, Eternelle © Olivier Merzoug

« Eternelle » a été enregistré sur une très courte période. Trois semaines, quelque chose comme ça.

Effectivement, tout a été très vite puisque nous avons enregistré sur une période de trois semaines, comme tu le dis. C’est la première fois de ma carrière que je ne chante pas des textes qui n’ont pas été écrits pour ou par moi. Là, je me retrouvais à devoir interpréter des textes qui avaient été carrément écrits pour une autre personne, ça m’a fait une petite montée de stress, tout de même… (sourire) Mais en réalité, et aussi curieux que cela puisse paraître, j’ai chanté ces chansons comme si elles avaient été écrites pour moi. Pour te dire la vérité, nous enregistrions trois titres par jours. C’était fluide. Comme une évidence, en fait. C’était magique, comme si ces chansons sommeillaient en moi depuis toujours. Ça a confirmé ce lien qui me lie à elle.

Quand on prête attention au tracklisting d’« Eternelle », six titres sur dix sont extraits de l’album de 1968 « Le lit de Lola ». « Ivan, Boris et moi » et « Mon amour, mon ami », certes, mais d’autres titres beaucoup moins connus du grand public, comme « Tom », « Qu’y a-t-il de changé ? » ou « Je suis folle de vous ». Pourquoi avoir mis le focus sur cet album en particulier ?

Je ne peux pas l’expliquer de manière rationnelle, je n’ai pas spécialement voulu mettre un focus sur cet album en particulier. Enfin… si, un peu quand même ! Je peux peut-être te donner deux pistes… (sourire) Juste après la sortie de mon premier album, j’avais envie d’enregistrer un album folk. Des titres guitare/voix, très simples, très épurés. Et cette simplicité, je l’ai retrouvée dans ce disque, « Le lit de Lola », ça a dû jouer inconsciemment dans mon choix de titres. Et puis, pour la petite histoire, « Le lit de Lola » est la chanson préférée de ma petite fille qui va avoir bientôt deux ans. Elle a découvert Marie Laforêt quand elle avait un an. Elle adore cette chanson en particulier. Elle chante d’ailleurs « Les yeux de Lola » et pas « Le lit de Lola » (sourire). Bref, tu le sais comme moi, quand un enfant aime une chanson ou une histoire, ce n’est pas une ni deux ni dix fois qu’il faut l’écouter ou la raconter, c’est une centaine de fois par jour ! (rires)

Le choix des dix titres a dû être cornélien… Il y a forcément les classiques comme « Les Vendanges de l’amour », « Viens, viens », « Il a neigé sur Yesterday », etc…

Effectivement. Surtout que nous avons enregistré beaucoup de titres pour au final n’en garder que dix. Il y a plein de chansons qui ont été écartées, comme « Maine Montparnasse », « Marie Colère »… À un moment donné, il faut faire un choix, nous l’avons fait avec Christophe pour trouver un compromis entre mes envies profondes et ce que le public aurait du plaisir à écouter. Il y a des contraintes commerciales aussi, même si je n’aime pas employer ce terme. Ça fait partie du métier… je devais arriver avec des chansons de Marie Laforêt que le public pouvait identifier rapidement. Là, je suis en train de plancher sur le répertoire que je vais chanter au Nez Rouge en décembre, et la question de choix est de nouveau sur la table !

Najoua Belyzel © Paradize Music
Najoua Belyzel © Paradize Music

Sans être indiscret, quels sont les titres que tu as choisis personnellement ?

« Le lit de Lola », forcément, « Il a neigé sur Yesterday », « Mon amour, mon ami », « Tom », « Je suis folle de vous » et « Qu’y a-t-il de changé ? ». Celle-ci, qu’est-ce que j’ai pu pleurer en l’enregistrant ! Elle a été très difficile à mettre en boîte, je pleurais tout le temps. On l’entend d’ailleurs dans ma voix sur le disque. Cette chanson, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir écrit le texte la nuit d’avant. C’est étrange…

« Eternelle » est moins électro et moins produit que les albums que tu as enregistrés auparavant.

Je ne voulais pas dénaturer les chansons de Marie Laforêt. Je voulais rester très respectueuse, en fait. Quand je regarde des émissions comme « The Voice », souvent les candidats emmènent tellement ailleurs les titres qu’ils reprennent qu’on en perd l’essence de la chanson. Se réapproprier un titre, oui, il faut clairement le faire sinon, ça n’a pas grand intérêt. Mais dénaturer une belle chanson, je n’y vois aucun intérêt. Parfois, aller sur d’autres terrains, c’est magnifique. D’autres fois, c’est un désastre. C’était donc mon souhait de ne jamais trahir Marie Laforêt avec ce disque. Encore une fois, c’est un peu comme si elle m’avait prise par la main pendant l’enregistrement, comme si elle m’avait guidée.

Tu as fait appel à Jean-François Berger (qui a notamment accompagné Sylvie Vartan, Mylène Farmer, Alain Chamfort…) pour la réalisation et les arrangements de ce disque. Un mot sur votre collaboration.

On voulait faire un beau disque, bien produit, bien arrangé, bien réalisé. Et Jean-François était l’homme providentiel. Comme je te l’expliquais tout à l’heure, nous voulions rester fidèle au répertoire de Marie Laforêt. On l’a juste un peu dépoussiéré, ai-je envie de dire. Les sons sont beaucoup plus actuels, les arrangements aussi, mais on reste dans le même état d’esprit. Jean-François est un grand professionnel. Il est très précis et très méticuleux. Il a fait un travail remarquable sur les arrangements de « Il a neigé sur yesterday », par exemple. Cette chanson avait un son que je trouvais un peu daté et je voulais lui apporter une certaine modernité. Avec ses guitares et les voix, il a vraiment amené la chanson où je souhaitais l’emmener, sans jamais trahir Marie ni ses musiciens de l’époque. Je le redis une fois encore, mais c’est très important à mes yeux. Il a apporté vraiment quelque chose de magique dans ses arrangements. J’ai souhaité également retravailler avec Franck Amseli, un excellent guitariste avec qui j’avais collaboré sur mon premier album et les premières scènes. Ça faisait un moment que je n’avais pas bossé avec lui, et ça m’a fait vraiment plaisir de le retrouver sur ce projet. Travailler avec des musiciens de cette qualité, c’est un luxe et un réel plaisir. Ce sont des musiciens qui ont apporté tout leur savoir-faire de variété française à mon univers qui est plus pop dans son ensemble.

Pourquoi l’avoir appelé « Eternelle » ?

J’ai un public qui est un peu plus jeune que celui de Marie Laforêt, et j’avais envie de passer une sorte de relai. C’était important à mes yeux de faire vibrer et résonner ses chansons le plus longtemps possible. Et si on pouvait toucher l’éternité, ce serait formidable.

Une petite tendresse particulière pour une des chansons ?

Non. Je les aime toutes. Peut-être un petit clin d’œil aux « Vendanges de l’amour » qui est une chanson que tout mon entourage voulait entendre, de ma maman à ma tata, en passant par mon dentiste ou le pédiatre de ma fille ! (rires)

Si je comprends bien, une suite est envisageable.

J’aimerais beaucoup en tout cas !… (sourire) Il y a aussi « Schizophonia », mais ça, c’est une autre histoire ! Nous en reparlerons.

Najoua Belyzel, intégrale unplugged / Paradize Music
Najoua Belyzel, intégrale unplugged / Paradize Music

Tu publies aussi dans quelques semaines une intégrale unplugged. Toi qui as toujours eu une esthétique assez pop/électro très produite dans tes chansons, avais-tu cette envie de déshabiller tes chansons depuis un moment ?

Les déshabiller, oui. Par contre rassembler mes chansons dans une intégrale, non, pas vraiment. C’est le contexte là aussi qui m’a poussée à mettre en œuvre cet autre projet d’intégrale unplugged. S’il n’y avait pas eu les confinements successifs et cette crise sanitaire, je ne pense pas qu’il aurait vu le jour tout de suite. Pendant le confinement, j’ai été amenée à enregistrer des lives sans public. Drôle d’impression, mais c’était beau. Là aussi, ça a été très difficile d’isoler douze titres. Comme les retours du public ont été positifs, nous sommes repartis sur une deuxième session unplugged où j’ai à nouveau sélectionné douze chansons. Ça a été très compliqué, presque plus que sur le premier. Je n’en ai pas dormi certaines nuits. Du coup, on a fait un troisième unplugged ! (rires) Dans la foulée, cette idée de sortir une anthologie acoustique a germé. Ce sont ces sessions qu’on va retrouver sur les DVD de l’intégrale. En déshabillant mes chansons, je me suis d’une certaine manière assise sur une certaine forme de légitimité que j’ai cherchée pendant longtemps. Le projet « Éternelle » de Marie Laforêt s’inscrit dans ce cheminement psychologique. C’est une sorte de thérapie en fait. (sourire)

De légitimité ? Tu es tout de même là depuis plus de quinze ans maintenant, et presque vingt ans si on inclut le projet Benoît. Tu as vendu des centaines de milliers de disques. Tu ne manques certainement pas de légitimité…

Tu sais, je suis arrivée dans ce milieu un peu par accident. Je n’ai jamais désiré à tout prix devenir chanteuse. C’est dingue parce que Marie Laforêt a vécu la même chose. Elle s’est retrouvée dans un casting avec sa sœur qui voulait devenir chanteuse. Moi, ce n’était pas tout à fait pareil. Je me suis retrouvée dans tout ça parce que je voulais fuir quelque chose. Du coup, j’ai passé un casting il y a vingt ans. Le 3 octobre 2001, précisément. J’y ai rencontré Christophe Casanave. Il y avait plein de nanas qui chantaient super bien et moi, je tombais là-dedans avec la voix la moins travaillée mais quelques textes. Ce sont eux qui ont été ma planche de salut en me différenciant des autres et qui ont déterminé mon avenir finalement. Du coup, j’ai été choisie. Je me suis très bien amusée avec « Tourne-toi Benoît », puis Christophe m’a proposé d’enregistrer un album, et « Gabriel » a débarqué sur les ondes. C’était parti. C’était une dinguerie pour moi. Je n’aurais jamais imaginé un jour être derrière un micro et chanter devant un public. Je ne voulais qu’écrire. Et d’ailleurs aujourd’hui encore j’ai cette soif d’écrire. C’est ce que j’aime le plus. Je suis quelqu’un qui ne voulait pas être mise en cage. Me mettre à nu, dévoiler ma vie et mes émotions directement aux gens, ça a été compliqué au départ. Ça l’est encore aujourd’hui, d’ailleurs. Mais j’ai trouvé une forme de liberté dans tout ceci. J’ai pris un peu de recul… et de bouteille ! (éclats de rire)

Najoua Belyzel © Paradize Music
Najoua Belyzel © Paradize Music

Finalement, « Eternelle » et « Unplugged », tout en étant des projets très différents l’un de l’autre, sont des projets qui ont un sens de sortir au même moment où presque.

Exactement. C’est la conjoncture qui m’a révélé des choses sur moi-même finalement. Et qui a permis à ces deux projets d’exister quasiment au même moment. Je viens de te dire que j’avais peur en devenant chanteuse d’être mise en cage, finalement, ça rejoint ce qui nous est arrivés à tous l’année dernière. On nous a mis en cage d’une certaine manière. Confinés chez nous certes, mais privés de liberté tout de même. Tout ça se mélange et s’imbrique pour en arriver au fait que sans cette crise sanitaire, ces deux projets n’auraient probablement pas vu le jour aujourd’hui.

Najoua Belyzel, Eternelle au Nez Rouge les 10/11/12 décembre 2021
Najoua Belyzel, Eternelle au Nez Rouge les 10/11/12 décembre 2021

Tu vas te produire à six reprises sur la scène du Nez Rouge en décembre prochain. Comment as-tu choisi cette salle complètement à part, ce bateau-théâtre amarré sur les quais de Seine.

C’est une salle qui me ressemble. C’est un cadeau du destin. C’est une idée qui est arrivée un peu comme ça, par hasard. Et je suis fière de pouvoir m’y produire en décembre. J’ai eu peur pendant longtemps que ces dates ne puissent pas avoir lieu. Avec la Covid, ça a été reporté une première fois, puis on a été dans l’incertitude quant à la réouverture des lieux culturels… Bref, là, la conjoncture semble être bonne ! Je suis en tout cas très heureuse de m’y produire. Là encore, c’est le destin qui a choisi, mais je vais pouvoir fêter mes quarante ans avec mon public, et ça, c’est un super cadeau d’anniversaire [Najoua est née le 15 décembre, NDLR]. C’est merveilleux !

Il y aura donc deux spectacles différents. Trois dates consacrées au répertoire de Marie Laforêt et trois au tien.

C’est ça. Deux spectacles différents mais avec un fil rouge, cette espèce de mise à nu dont nous parlions tout à l’heure. Le rendez-vous que j’ai donné avec mon troisième album, il est là. Enfin ! Ce sera un double rendez-vous. Un premier avec le répertoire de Marie Laforêt qui m’a permis d’en être là où je suis, et un second avec celui de Najoua Belyzel. J’ai fait très peu de scène, donc, ça me tient véritablement à cœur. Les live en streaming, c’est bien… mais ne pas chanter avec des visages devant soi, c’est un exercice complexe. Le public m’a manqué et j’ai hâte de les retrouver. Surtout dans ces conditions, sans artifice, juste avec un micro… Je n’ai jamais non plus été très complexe comme artiste. Je pense que je me suis habillée et protégée avec ma pudeur. C’est elle qui fait qu’on ne m’a pas beaucoup vue ni entendue. Ma pudeur m’a protégée et elle m’a aussi empêchée. J’ai besoin d’elle, mais à cause d’elle, je me suis mis quelques barrières. Je pense à une chanson comme « Docteur Gel », qui a joué un rôle essentiel, qui a levé un voile sur certains épisodes de mon existence. Et il y a d’autres voiles que je n’ai pas encore osé lever. Cette résidence au nez Rouge va me permettre de jouer avec ma pudeur. Elle va me permettre en tout cas de mieux l’apprivoiser, je pense.

Najoua Belyzel, Unplugged au Nez Rouge les 17/18/19 décembre 2021
Najoua Belyzel, Unplugged au Nez Rouge les 17/18/19 décembre 2021

Une tournée se met en place pour 2022 ?

J’adorerais ! Evidemment, je suis partante. Je ne pourrai pas faire une tournée de cinquante dates, mais quelques dates aux points cardinaux de la France, oui, j’aimerais beaucoup !

Tu fais une apparition sur le dernier album de Sylvie Vartan [Najoua assure les chœurs de la chanson « Une fille attend » sur « Merci pour le regard » de Sylvie Vartan, NDLR]. Comment es-tu arrivée sur le projet ?

Oh la la ! Ne m’en parle pas ! Quel honneur ! Waow !… C’est une surprise que Christophe m’a faite, et une surprise de taille ! Je n’en reviens toujours pas, d’ailleurs… Christophe travaille avec Éric Chemouny sur différents titres, et à un moment donné Philippe Russo leur a demandé s’ils n’avaient pas une chanson dans les tiroirs. Il cherchait un titre pour Sylvie. J’avais enregistré ce titre il y a un petit moment déjà. C’était un titre qui avait été enregistré pour « X », ne sachant pas à qui il allait être proposé. Christophe l’a ressortie et m’a demandé d’enregistrer des chœurs dessus. Je ne l’ai su qu’après, mais avec Éric Chemouny, ils l’avaient proposée à Sylvie qui a eu un coup de cœur. Elle s’appelait d’ailleurs autrement et c’est Sylvie qui a souhaité l’intituler « Une fille attend ». J’ai bien évidemment appris que la chanson avait été retenue par Sylvie, mais j’ignorais qu’ils avaient conservé les chœurs que j’avais enregistrés dessus. Je ne l’ai appris que lorsque nous sommes allés à l’écoute de sortie d’album… j’ai vu mon nom dans les crédits, je n’en croyais pas mes yeux. Là-dessus, j’aperçois Sylvie Vartan qui vient vers moi pour me parler. Je ne m’y attendais vraiment pas. Sylvie Vartan est une femme extraordinaire et d’une humilité rare. C’est une grand artiste et une grande Dame, tout simplement. Nous avons parlé de musique mais aussi de nourriture, tout simplement. Bref, ces lalala [Najoua entonne les chœurs de la chanson] sur « Une fille attend », c’est un tout petit truc, certes, ce ne sont que des chœurs, mais figurer sur une chanson de Sylvie Vartan, quel honneur ! C’est énorme !

Avant de te quitter, une dernière petite question qui résumera en quelques mots ce dont nous venons de parler. Nous sortons d’une période assez compliquée, tu publies deux albums, tu remontes sur scène en fin d’année… Dans quel état d’esprit es-tu ?

Je suis heureuse et j’ai 18 de tension. Ce n’est pas vrai, mon médecin m’a dit que tout allait bien, mais ça résume très bien dans quel état je suis ! (éclats de rires) Je me languis en fait… Je suis entre l’excitation totale et la peur de ne pas bien faire… Je n’aime pas employer ce terme, parce que la peur c’est négatif et que je suis en train de surmonter tout ça, mais c’est un mélange de sentiments et d’émotions. J’ai tellement envie de tout bien faire pour que tout aille bien. Je suis dans un planning de ouf, même si j’ai encore un peu de temps devant moi. Disons, pour terminer cette interview sur un note positive, que je suis dans une belle dynamique et que j’en suis la plus heureuse.

Propos recueillis par Luc Dehon le 14 octobre 2021.
Photos DR : Olivier Merzoug (série « Eternelle »), Paradize Music (série « Intégrale Unplugged »)

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Author: Luc Dehon