INTERVIEW – Rencontre avec Amina

Amina © Kilian Thomas

Amina publie aujourd’hui « La lumière de mes choix », un album sublime sur lequel l’artiste a avancé main dans la main avec Léonard Lasry, un album porté par des titres comme « Face à nous » ou « Tu joues si bien ». Nous l’avons contactée afin d’en savoir un peu plus sur ce projet dans lequel elle laisse paraître dans sa voix une fragilité qu’on ne lui connaissait pas, ou moins. Elle nous expliquera notamment comment elle s’est laissée diriger, comme sur un tournage, par Léonard et la formidable complicité qui unit les deux artistes. Nous évoquerons également les raisons qui l’ont poussée à quitter la France pour d’autres horizons au début des années 2000, son amitié pour Jeanne Moreau et sa participation à l’Eurovision il y a trente ans déjà ! Rencontre avec une artiste magique et solaire qui suit le son de son cœur…

Amina, La lumière de mes choix
Amina, La lumière de mes choix

Le public français vous a un peu perdue de vue après la publication d’ « Annabi » en 1999 il y a plus de vingt ans. Racontez-moi un peu ce qui s’est passé. Vous avez pas mal bougé, et avez fait escale dans un premier temps aux États-Unis, c’est bien ça ?

Effectivement… Il s’est passé pas mal de choses. « Annabi » était un projet électro mélangeant plusieurs langues. L’arabe, le français, l’anglais… C’était un projet qui me tenait véritablement à cœur. Très rapidement après sa sortie, on m’a appelée aux États-Unis pour faire de la scène. J’y ai fait une grande tournée et j’ai été happée par le monde du Jazz. Comme vous le savez, j’ai débuté en chantant du Jazz avec des instruments arabes au Palace, du temps de Fabrice. Je suis une vraie passionnée de Billie Holiday depuis toujours. C’est ma came, va-ton-dire ! (rires) J’ai rencontré un pianiste qui l’a accompagnée longtemps, un vieux monsieur aujourd’hui, mais dont la passion est restée intacte. Je me suis donc mise à jouer dans les clubs de Jazz et j’ai rencontré là tout un tas de musiciens. Je me suis extraite de tout ce que j’avais fait auparavant pour foncer dans le Jazz. Je suis comme ça, quand quelque chose m’intéresse et se présente à moi, je fonce. Un peu comme une enfant… (sourire) J’ai monté plusieurs formations à New-York mélangeant la musique arabe et le Jazz. Voilà pourquoi on m’a perdue de vue ici en France après « Annabi »…

Vous avez fait un crochet par l’Autriche, également. À l’Opéra cette fois-ci.

Oui. Luc Bondy, un des plus grands metteurs en scène d’Opéra, m’a contactée pour participer à « Helena » au Burgtheater de Vienne. Je n’avais jamais chanté de l’Opéra de ma vie. J’entends les notes, je sais les reproduire, mais j’ai appris la musique en autodidacte. L’Opéra était un monde très éloigné du mien. Il a tellement insisté que j’ai accepté sa proposition. Au final, ça a plutôt très bien fonctionné. J’ai chanté dans son Opéra, avec vingt-sept chanteurs et comédiens. C’était une scène d’une ouverture gigantesque, des décors somptueux… Une très grande aventure ! Sur ce, il m’a demandé si je pouvais écrire des chœurs pour des chanteuses d’Opéra. Je suis tombée des nues… mais j’ai essayé de le faire de mon mieux. J’ai repensé aux films de Pasolini, qui était assez précurseur dans ce domaine. Il prenait des musiques du monde pour les bandes musicales. Je me suis donc retrouvée à chanter et danser sur scène, donner des cours et composer. C’était une expérience géniale. Je me suis vraiment éclatée sur ce projet ! (sourire) J’avais appris en Inde le Yoga du son, et ça m’a beaucoup aidée à cette époque. Voilà comment je me suis retrouvée à l’Opéra, un peu malgré moi, finalement. Ma vie a été rythmée par les rencontres que j’ai faites. On va dire que je suis une nomade des temps modernes… Je suis le son de mon cœur. Si mon cœur vibre, c’est bon.

Votre cœur a vibré en Suéde également, où vous êtes restée une dizaine d’années.

J’ai beaucoup tourné dans les pays scandinaves. J’y ai monté deux groupes et j’y ai rencontré un viking qui m’a emmenée sur son drakkar… (sourire) C’est une histoire d’amour avec la Suède. J’y ai complètement changé de vie. Je me suis retrouvée dans des cabanes en bois au Pôle Nord en train de chanter à la pleine lune, en pleine forêt, sous des aurores boréales… J’y ai vécu une autre vie. Les lapons ont une manière de chanter qui leur appartient. J’ai adoré ça. Je suis vraiment rentrée dans un univers magique et chamanique. J’ai beaucoup appris à leurs côtés.

Amina et Léonard Lasry © Kilian Thomas
Amina et Léonard Lasry © Kilian Thomas

Et puis, vous revenez à Paris.

Oui, j’avais 55 ans, quelque chose comme ça, et j’ai dû tout recommencer à zéro. Je me suis retrouvée comme une étrangère à Paris. Un ami m’a emmenée voir un court-métrage dont j’ai adoré la musique. Le compositeur était Léonard Lasry. J’ai discuté un moment avec lui et nous avons échangé nos numéros de téléphone. Il savait apparemment qui j’étais et il avait bien aimé mes précédents albums. Nous nous sommes rappelés et nous sommes donné rendez-vous à Saint-Germain-des-Prés à peu près au même endroit où j’avais rencontré Malcolm McLaren quelques années auparavant. Léonard est le Malcolm McLaren des temps modernes. Avec ce petit plus, c’est qu’il sublime la femme et qu’il comprend le féminin mieux que quiconque.

Vous avez dans un premier temps travaillé ensemble pour un habillage de publicité pour la Maison Cartier avec le titre « Radwoi ».

Oui. Un très beau projet. Vous savez, quand j’ai commencé la musique, j’ai d’abord chanté pour des défilés de mode, pour Actuel, pour le Palace… Puis, je me suis un peu écartée de ce milieu et c’est Malcolm McLaren qui m’y a ramenée. Ensuite, je m’en suis à nouveau un peu écartée, et Léonard m’a fait revenir dans cet univers d’élégance, très cinématographique et visuel. Léonard m’a amenée  dans des registres dans lesquels je n’aurais jamais osé aller, en tout cas…

J’allais vous faire la remarque, dans ce nouvel album, vous êtes plus dans la sensibilité, la douceur.

Quand on écoute mes précédents albums, il y a quelque chose de rebelle dans ma voix. Elle est assez puissante et forte. Léonard m’a menée vers la fragilité. Très honnêtement, je n’aurais pas pu aller vers ces terrains avant. Et je vais même aller plus loin : pas sans lui. Je me suis sentie tout de suite en totale confiance avec Léonard. Je savais qu’il ne me trahirait jamais. J’ai donc, grâce à lui, découvert la fragilité dans ma voix et je me suis laissée guider. Elle a forcément toujours été présente, mais jamais, jamais, je n’aurais osé aller vers elle. Toutes ces chansons qui sont sur cet album sont à mes yeux comme autant de petits films. L’écriture d’Elisa Point va dans ce sens, d’ailleurs.

« La lumière de mes choix », c’est un titre qui vous colle à la peau.

Nous avons appris à nous connaître avec Léonard, à nous apprivoiser. Nous sommes partis souvent en week-end ensemble. Ce n’est qu’une fois qu’il a bien perçu qui j’étais, qu’il a écrit ce titre, une des plus belles chansons de l’album à mes yeux, « La lumière de mes choix ». Cette chanson, dont il signe  paroles et musiques, c’est vraiment moi. Il a compris qui j’étais et comment je fonctionnais. C’est un des plus beaux cadeaux qu’on ait pu me faire. Même moi, je pense, je n’aurais jamais pu écrire une chanson qui me corresponde autant. Cette chanson est d’une profondeur… elle est vraiment magnifique. Léonard a su rencontrer mon être et le mettre en musique. C’est pour ça que l’album porte ce nom. Ça correspond parfaitement à ma vie, en fait. Il a écrit aussi intégralement « Le Soleil », un autre titre de l’album. Je me sens vraiment sublimée et belle avec ses mots et ses notes. Je vous l’ai déjà dit, mais Léonard a ce talent de sublimer la femme. Et il m’a sublimée.

Le fil rouge de ce disque, c’est l’amour.

L’amour sous toutes ses facettes. L’amour passion, l’amour séduction, l’amour trahison, l’amour spirituel… Et… c’est beau l’amour !… (sourire) Les musiques de Léonard sont de vraies musiques de film. C’est un de leurs points communs avec Malcolm. Quand on arrive à faire d’une chanson un univers cinématographique, alors à mes yeux, elle est réussie.

Vous êtes actrice également, vous avez tourné avec Bertolucci, Lelouch… et plus récemment Maïwen. Et je me suis fait la réflexion en écoutant votre disque que par moments, dans votre façon de poser votre voix, on entend une actrice qui chante.

J’ai tourné quelques films, c’est vrai. Mais là, c’était une expérience nouvelle, c’était comme si je tournais et je chantais en même temps, tant les chansons de Léonard sont autant de petits courts-métrages. Je vais vous faire une confidence, je me suis laissée diriger par Léonard sur ce disque comme s’il avait été le metteur en scène d’un film. Léonard est, dans son tempérament, un metteur en scène. Je me suis prêtée à ce jeu, bien évidemment et je pense que nous sommes arrivés à une belle alchimie. Une fois encore, c’est quelque chose de totalement nouveau pour moi. Je me suis laissée guider par lui en toute confiance. On dit souvent qu’on tombe en amour, j’ai plutôt envie de dire qu’on élève en amour. Sur ce disque, il y a une sensibilité et une douceur inédites dans mon parcours.

Amina © Kilian Thomas
Amina © Kilian Thomas

Vous ne faites qu’un seul véritable duo avec Léonard Lasry (« On est prié de se plaire »), mais j’ai envie de dire que c’est presque un album commun. Il est omniprésent, de par sa voix dans les chœurs, ses mots ou ses notes.

Je suis tout à fait d’accord avec vous. Cet album, c’est la rencontre de deux êtres, deux cœurs. C’est un album d’amour qui n’aurait jamais pu voir le jour autrement, sans lui ou sans moi. Déjà, j’aime profondément le mélange de nos deux voix. Elles se marient très harmonieusement, avec beaucoup d’élégance. C’est assez rare que deux timbres de voix matchent aussi bien. Il avait enregistré les chœurs sur une ou deux chansons au départ, et je lui ai bien dit que j’avais besoin de sentir sa voix et sa présence tout au long du disque. C’est pour cette raison que c’est lui qui fait les chœurs sur quasiment toutes les chansons. Et puis, cerise sur le gâteau, ce duo est arrivé comme un cadeau. Il est sublime ce duo, c’est du miel. Nous avions appris à nous connaître depuis un moment, donc ce titre a été comme une évidence. Jamais je n’aurais voulu que quelqu’un d’autre pose sa voix à la place de la sienne. Jamais.

Rechanter en français, ça vous a fait quoi ?

J’avais beaucoup chanté en arabe, en espagnol, en anglais, en suédois les dernières années, c’est vrai… Quand je suis revenue de Suède, la langue française me manquait énormément. Le suédois sonne à mes oreilles comme des cuillères et des fourchettes qui tombent sur le carrelage ! (éclats de rires) Même quand on dit « je t’aime » ou « mon amour » en suédois, ce sont des kling et des ding… j’avais tellement envie de reparler et chanter en français. Le français m’a manqué, n’ayons pas peur des mots. Ce projet est arrivé à point nommé. J’ai finalement assez peu chanté en français tout au long de ma carrière. Il y a eu « Le dernier qui a parlé », évidemment, qui était une chanson magnifique. Mais j’ai toujours eu un peu peur de chanter en français. Et avec Léonard, cette peur s’est transformée en évidence. Quand je suis allée à l’Eurovision avec une chanson en français et en arabe, il y avait des enjeux politiques presque, de par mes origines notamment. Ici, il n’y avait aucune pression, juste de l’amour. Et ça, c’est une grande liberté. Et si je vais un peu plus loin, quand je suis venue en France avec ma mère à l’âge de cinq ans, c’est cette liberté que ma mère cherchait ici. Vous savez, quand j’ai commencé à chanter, dans la famille en Tunisie on ne voyait pas ça d’un très bon œil. Un peu comme si j’allais finir prostituée. C’était une catastrophe et j’étais une catastrophe à leurs yeux. Quand j’ai fait l’Eurovision, ils ont quand même dû se rendre à l’évidence et composer avec moi… plus que moi avec eux ! (rires) Tout ça pour vous dire qu’à l’époque du « Dernier qui a parlé », il y avait beaucoup d’enjeux, ici, aucun. La France m’a donné ma liberté de femme, et c’est cette liberté qui s’exprime aujourd’hui à travers ce disque. Finalement « La lumière de mes choix », c’est aussi une façon d’honorer le pays qui m’a permis d’être libre en tant que femme.

Vous signez les deux titres en arabe, mais aucun en français…

Comme je vous l’expliquais tout à l’heure, je me suis laissée guider de A à Z, comme une petite fille. Je revenais du Grand Nord, qui a une toute autre culture, et j’avais besoin de retrouver la France. J’avais besoin d’un metteur en scène pour me réinscrire dans la culture française. Je n’avais pas envie forcément d’écrire en français. J’avais envie de me glisser dans l’univers de Léonard et Elisa. C’était une évidence.

Vous rendez un très bel hommage à Jeanne Moreau (« Quand Jeanne M elle aime »).

Elisa avait écrit une chanson sur Jeanne. Et j’ai eu un coup de foudre pour ce titre. J’ai bien connu Jeanne, nous avons chanté ensemble, en Belgique notamment. Je me souviens également de ma première télé avec Denisot. J’étais pétrifiée et je ne savais absolument pas parler. Je ne supportais pas les interviews et parler était au-dessus de mes forces. J’y avais chanté en arabe une chanson sur le port du voile, et Denisot me posait tout un tas de questions alors que je restais muette. J’étais bloquée. J’avais 25/26 ans, quelque chose comme ça. Jeanne était là, et elle m’a tendu une perche en disant « À l’âge d’Amina, on aime écouter et pas forcément prendre la parole. » Elle m’a sauvé la mise et par la suite, nous sommes devenues amies. Elle a été super avec moi. Il y avait entre nous une belle complicité de femmes qui ont traversé leurs vies comme elles l’entendaient, ce qui n’est pas toujours facile… (sourire) Ça donne parfois des parcours chaotiques, mais toujours intéressants. Je dis toujours grand problème, grand enseignement, petit problème, petit enseignement. Ce qui ne veut pas dire que je veux encore rencontrer de grands problèmes dans ma vie, non ! (éclats de rires)

Amina et Léonard Lasry © Kilian Thomas
Amina et Léonard Lasry © Kilian Thomas

Auriez-vous une petite anecdote cocasse à me raconter autour de l’une ou l’autre chanson ?

J’en ai une sur « Radwoi ». C’était la première fois que j’allais chez Léonard découvrir la chanson. Je suis quelqu’un de très tête en l’air dans la vie. Dans ma tête, il y a toujours de la musique, ce qui me disperse parfois. Il m’est déjà arrivé de vouloir rentrer chez le voisin du dessus avec ma clé ou rentrer dans une voiture en pensant que c’était un taxi… (sourire) Et donc, ce jour-là, j’étais en robe de chambre et j’avais perdu les clés de chez moi. Je ne pouvais donc pas rentrer pour me changer pour aller chez Léonard et je ne voulais surtout pas être en retard… j’ai donc demandé qu’on me prête des écharpes pour mettre par-dessus ma robe de chambre. Et je suis allée chez lui ainsi, en robe de chambre… Avant de commencer à chanter, je lui ai expliqué que je m’étais habillée avec un look suédois et que je n’avais pas eu le temps de me changer (éclats de rires). J’ai donc chanté cette chanson pour La Maison Cartier en robe de chambre ! (rires) Ce n’est que quelques années plus tard que je lui ai raconté ma mésaventure… Il n’y avait vu que du feu ! (rires)

Des scènes sont prévues prochainement ?

Je rejoindrai sur scène Léonard Lasry au Café de la Danse le 9 décembre prochain. Il y aura une date en février à Paris pour un festival de musiques orientales. La scène, c’est en train de se mettre en place. J’ai en tout cas hâte de retrouver le public français. Je suis une femme de scène, c’est mon dada.

Il y a trente ans, vous montiez sur scène à Rome pour représenter la France à l’Eurovision avec « Le dernier qui a parlé ». Quels souvenirs en gardez-vous avec le recul ?

Il s’est passé tellement de choses en trente ans ! C’est vertigineux. En tout cas, cette chanson m’a permis d’aller chanter dans le monde entier. J’ai chanté en Chine, au Brésil, aux États-Unis, au Qatar, au Maroc, au Mali, aux Seychelles, en Ethiopie… C’est magnifique de voir ce qu’une seule chanson peut vous faire faire le tour du monde. J’ai représenté la France dans le monde entier, c’est un beau cadeau. C’est aussi pour cette raison que revenir aujourd’hui en France avec un album en Français me paraît évident. C’est une forme de reconnaissance envers le pays qui m’a accueillie.

Ce qui est drôle, c’est que vous avez terminé ce concours première ex-aequo avec la Suède, qui a finalement été déclarée gagnante, et que vous êtes allée quelques années plus tard vous installer là-bas…

(sourire) Oui, c’est Carola qui a gagné, effectivement. Nous aurions pu être gagnantes toutes les deux, mais cette année, ils avaient décidé de changer le règlement. Finalement, c’est le pays qui a gagné, la Suède, qui m’a le plus invitée à chanter la chanson chez eux. Et c’est pareil pour tous les pays scandinaves. J’ai un karma incroyable avec la Suède ! (sourire) La Suède, dans mon karma, revient régulièrement. Je me souviens de petits sabots rouges suédois qu’une amie de ma mère m’avait donnés. J’adorais cette femme qui me racontait des histoires de Suède. Elle me fascinait. J’ai toujours été très portée pour la Scandinavie, c’est fou. C’est amusant de regarder ce fil conducteur qui vous suit toute votre vie…

Amina © Fabienne Carreira
Amina © Fabienne Carreira

Vous travaillez en ce moment sur un autre projet, un disque sur les chakras et le Yoga du son.

Cet album verra le jour l’année prochaine, normalement. J’ai médité sur chaque chakra pendant quelques années et j’ai travaillé sur ce projet avec un musicien vietnamien. On a composé huit chansons, une mélodie par chakra. C’est un disque de musique libre zen, très hypnotique. Il y a eu sur ce projet des musiciens indiens, magrébins,… et Erik Jansson qui a composé la musique avec moi. C’est donc un projet pluriculturel. C’est un voyage intérieur sonore, c’est ce que j’entends de mes chakras. Chaque chakra a un son et une vibration. Et c’est ce son que je retranscris dans ces chansons. Pendant que j’étais en Suède, j’ai fait beaucoup d’allers-retours avec l’Inde, pour comprendre comment mon corps vibrait. Quand je me suis retrouvée dans ce petit village au Pôle Nord entourée de peu de gens, et des gens dont je ne parlais pas la langue… j’ai perdu tous mes repères. Mon seul et unique repère a été mon corps et ma voix. La méditation m’a permis d’aller plus loin dans la perception de nos différents corps, puisque je pense que nous avons plusieurs corps, le corps physique, le corps mental, le corps émotionnel… J’ai appris tout ceci auprès de maîtres en Inde, en pleine chaleur entourée de tout un tas de monde… Et je l’ai mis en pratique dans le froid et l’isolement presque le plus total au Pôle Nord entourée de forêts… (sourire) Je n’aurais pas pu le faire à Paris, il me fallait ce silence, cet isolement pour me trouver et aller au bout de même-même. Et ce n’est pas fini… (sourire)

« La lumière de mes choix » paraît demain. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Très excitée, c’est normal, mais très sereine en même temps. Il y a comme une douceur qui plane autour de ce projet, quelque chose de rond, de chaud, d’enveloppant… Je me sens bien, en fait. Je suis très fière de cet album et surtout d’avoir fait la rencontre de Léonard. Il trouvera sa route, j’en suis certaine…

Propos recueillis par Luc Dehon le 21 octobre 2021.
Photos : Kilian Thomas, Fabienne Carreira

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Author: Luc Dehon